‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 171 sur 217 · CHAPITRE PRExMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRExMIER

Le 20 juin ijg2 ; le peuple aux Tuileries. Récit préliminaire du ministre Terrier de Montciel ; récit de la journée par M. Terrier de Loray ; incidents racontés par M. Mortimer-Ternaux. — M. Rostain. Adresse des Jacobins de Bourg ; ils demandent une Convention nationale et la déchéance du roi.

Le but de Finsurrection du 20 juin était-il le meurtre de la famille royale, comme Ta dit M™* Campan dans ses Mémoires (ch. xx) ? ou Santerre, le roi des faubourgs, ne rassembla-t-il ses sujets que pour une manifestation pacifique ? Ni l'une ni Tautre de ces questions ne peut être tranchée d'une manière absolue. Il est probable que la masse des insurgés n'avait pas d'intentions criminelles, mais que les Jacobins et Pétion tout le premier comptoient bien sur la brutalité de quelques sans-culottes (i] et sur un dénouement sinistre.

(i) Nom donné d'abord par mépris aux patriotes de bas étage, et ensuite adopté par tous les démocrates comme un titre honorifique. Ce nom trivial sirait, suivant Mercier, antérieur à la*Révolution ; il aurait paru en tête

Un document officiel, peu connu, puisqu'il a échappé aux recherches bibliographiques de M. Mortimer-Ternaux, va nous fournir les premières notions du 20 juin ; c'est le rapport fait, le 21, à l'Assemblée nationale par le ministre de l'Intérieur, M. Terrier de Montciel.

Instruit, dit-il, que les citoyens des faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marcel avoient intention de venir en armes à l'Assemble'e nationale , pour lui présenter une pétition, et que de là ils dévoient se porter aux Tuileries, j'e'crivis au département, le 19 juin, à deux heures et demie, la lettre suivante :

« On répand en ce moment, Messieurs, des bruits alar- 0 mans pour la tranquillité de Paris. Ils seront sans doute < parvenus jusqu'à vous, et j'augure trop bien de votre « zèle pour le maintien du bon ordre, pour ne pas penser « que vous n'ayez pris les mesures les plus capables de » prévenir tout événement qui pourroit le troubler. « Veuillez néanmoins m'en faire part, et me mettre à « portée d'en rendre compte incessamment au Roi, dont « la sollicitude est toujours active, dés qu'il s'agit de la « tranquillité publique. y>

[Le Procureur-général-syndic, Rœderer, s'empresse de répondre qu'un arrêté vient d'être pris par le Directoire. Le Ministre cite la réponse et l'arrêté dont voici les dispositions] :

d'une pièce satirique dirigée contre le famélique Gilbert, et on l'aurait appliqué depuis lors aux poètes mal vêtus. Comme nom politique, il fut vulgarisé en février 1792 par un journal qui le prit pour titre. Les patriotes, pour le rehausser, en affublèrent Notre Seigneur. Camille Desmoulins, quand le tribunal révolutionnaire, lui demanda son âge, répondit : Il l'âge du sans-culotte Jésus. «

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