CHAPITRE II
La vigilance du département et l'attitude des Toupes de ligne paralysent un instant les intentons criminelles. Puis, les préoccupations de la ;uerre font diversion.
Plus de cent trente mille Prussiens, Autrichiens, [^essois et deux mille émigrés se disposaient à passer la frontière du Nord ; et les Sardes menaçaient a frontière de TEst. Nos généraux avaient à peine juatre-vingt-treize mille hommes à mettre en baaille au nord et trente-cinq mille à Test ( i). La fornation à Soissons d'un camp de 36,ooo hommes )u 42 bataillons de garde nationale volontaire n'ar^aitété décrétée que le 22 Juin.
L'Assemblée nationale effrayée décida, par décret les 4 et 5 juillet, sanctionné le 8, que lorsque la iûreté de l'Etat serait compromise, elle le déclareait en ces termes : Citoyens, la patrie est en danger ; qu'alors les conseillers des départements, des listricts et des communes seraient en permanence ;t que tous les citoyens valides seraient tenus de >rendre les armes (2).
La fameuse formule ne tarda pas à être em- )loyée; voici le décret du 11 juillet, promulgué e 12,
(i Le général Servan, ministre de la guerre, Tableau historique de la rucre de la Révolution, t. I. p, 359.
(2; Loi qui fixe les mesures â prendre quand la patrie est en danger. •aris, imprimerie royale. 1792, 8 p. in-4«. — Ph. L. D.
Des troupes nombreuses s'avancent vers nos frontières: tous ceux qui ont horreur de la liberté s'arment contre notre Constitution.
Citoyens , la Patrie est en danger.
Que ceux qui vont obtenir l'honneur de marcher les premiers pour défendre ce qu'ils ont de plus cher se souviennent toujours qu'ils sont François et libres ; que leurs concitoyens maintiennent dans leurs foyers la sûreté des personnes et des propriétés ; que les magistrats du peuple veillent attentivement, que tous dans un courage calme, attribut de la véritable force, attendent, pour agir, le signal de la loi, et la patrie sera sauvée (i).
• A la séance du 7 Juillet, le danger de la patrie avait fait un miracle ; il avait réconcilié tous les partis. Sur ces mots du député Lamourette, évêque constitutionnel de Lyon : Que ceux qui abjurent et execrejit la République et les deux Chambres se lèvent ! tous les députés s'étaient levés ; tous avaient juré de n'altérer la Constitution ni par l'introduction du régime républicain ni par l'établissement de deux Chambres ; tous. Feuillants, Girondins et Montagnards s'étaient donné l'accolade fraternelle ; et le roi lui-même, convié à la réconciliation, fut reçu avec enthousiasme. Malheureusement ce baiser de paix ne tint pas ses promesses.
Ce fut le baiser Lamourette^ dit M. Wallon. Dès le lendemain , les divisions reparurent à propos de Pétion,
{i)Acte du Corps législatif non sujet à la sanction du roi. Paris, imprimerie roy.ile, 1792, 4 p. in-4<'. — Ph. L. D.