Tome U
35o SEPTIÈME ÉPOQUE.
La bruyante manifestation du 7 juillet n^avaii pas suffi aux Jacobins, et de nouveaux désordres étaient à craindre pour le 14, fête de la Fédération. à Poccasion de laquelle les citoyens seraient sous les armes. On prévint le danger par un avis publié le 12, et signé par les trois corps administratifs,Je département, le district et la municipalité. L'intervention de toutes ces autorités indique la gravité de l'attentat qui se préparait. Le texte entier d'ailleurs est consacré, comme on va le voir, à la crainte d'une « scène douloureuse » :
Citoyens,
Vous avez juré de maintenir la Constitution, vous êtes armés pour sa défense; le moment de renouveler votre serment fédératif s'approche. On voudroit changer ce jour de fête civique en scène douloureuse; vous préviendrez un pareil malheur, en considérant que le maintien de la Constitution est étroitement lié à l'obéissance aux loix et à l'exécution des jugemens.
Vous dissiperez l'erreur que l'on voudroit répandre, que les autorités constituées ont le pouvoir de faire grâce à cette époque ; nulle part la Constitution ne leur donne ce droit ; elle les en prive au contraire. Vous direz à ceux qui seroient tentés d'employer la force pour la soustraction de quelques condamnés, qu'ils en feroient un abus cruel ; qu'ils compromettroient la sûreté publique sans rendre aucun service à ces individus; que leurs jugemens de condamnation imposeroient toujours aux dépositaires de la force publique l'obligation de les constituer de nou-