‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 184 sur 217 · CHAPITRE II. 35 I · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. 35 I

veau prisonniers, et que la ne'cessité d'une surveillance rigoureuse rendroit pire leur situation.

Citoyens, vous respecterez et vous ferez respecter la loi ; tous les corps administratifs en ont tellement la confiance, qu'ils ne calculent pas les suites terribles d'une conduite opposée : ils s'en reposent sur vous. Si leur espérance s'évanouissoit, ils perdroient tous les moyens de servir utilement la chose publique ; ils éloignent cette supposition et ils ne se rappellent que votre attachement et votre dévouement pour le salut d'une patrie en danger.

Fait et arrêté à Bourg, le 22 juillet 1792, Tan IV de la liberté, dans une assemblée des trois corps administratifs, tenue au Directoire du département de l'Ain.

Signé : Qiiinet, maire : Goyffon, Cochet^ Bon^ Lefranc^ Bcrgier, Buget^ Rollet, Desiles, officiers municipaux et Enjorrand^ procureur de la commune. — Vuy^ Perrin., Perné, Morand, administrateurs du Directoire du district, et Bvget^ procureur-syndic. — Tardy, Guillon^ Vaiilpré^ Jourdan, Baret, Martinoti, administrateurs du Directoire du département, et Gauthier, procureur-général-syndic (i).

A Belley, la fête du 14 juillet fut célébrée avec ['enthousiasme ordinaire.

La veille, on planta un Arbre de la liberté, les :itoyens se groupèrent à l'entour, et M. le maire débita un discours de circonstance où foisonnaient [es banalités libérales ; en voici la péroraison :

,1) Avis des Corps administratifs, aux Fédérés du 14 juillet. Bourg. ^ j. in-8. — Ph. L. D.

Citoyens, aujourd'hui commence la fête de la liberté ; demain nous jurerons de la défendre; demain des milliers d'hommes, armés du fer que la liberté met dans leurs mains, couvriront la surface de l'empire; demain, de tous les points de ce beau royaume, s'élèvera dans les airs ce cri terrible : Vivre libres ou mourir !

Liberté sainte, fille du ciel, allume dans tous les cœurs le feu sacré dont tu nous as pénétré ! Anime-les de l'amour des loix et de la haine des tyrans ! Couvre de ton égide impénétrable les soldats généreux qui marchent pour ta défense ; que leur gloire soit immortelle comme toi 1 Et puisse Celui qui règle la destinée des empires ne voir bientôt parmi nous que des hommes dignes d'être François (i) !

Un discours beaucoup plus accentué fut prononcé, le jour de la fête, par M. Carrier, commandant des gardes nationales du district de Belley.

Dans sa fougue juvénile (2), ledit commandant fulmina contre « les Catilina^ les Cromjvel, les Sylla qui en embrassant la Constitution voulaient l'étouffer », contre les conspirateurs « qui avaient armé les puissances étrangères et fait massacrer nos frères d'armes par des manœuvres militaires traîtreusement concertées avec les Autrichiens et les nobles de Coblentz », contre les hypocrites

[i] Discours prononcé par M. le Maire, à l'inauguration de l'Arbre de la Liberté, le j3 juillet 1792, l'an IV de la liberté. Belley, 1792, 4 p. in-4°. — Ph. L. D.

(2) M. Louis Carrier, maréchal-de-camp sous Louis-Philippe, mort en i838, n'avait alors que dix-neuf ans. Son discours reflète néanmoins la pensée des frères et amis dont il dut prendre conseil.

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