CHAPITRE V
« qui voulaient détruire les sociétés populaires et traitaient de brigands^ de factieux les sentinelles vigilantes du peuple. »
Ils veulent enfin, dit-il, que nous dormions, afin de nous égorger plus à leur aise. C'est la fable des moutons et des loups. La paix étant faite entre eux, les loups dirent aux moutons : « Maintenant que nous avons fait ia paix, qu'avez-vous besoin de vos chiens ? ils vous coûtent à nourrir, ils aboient continuellement; défaites-vousen, vous n'en avez plus besoin. » Les moutons crédules leur livrent leurs chiens, et bientôt les loups mangent les moutons.
Reconnoissez, ô mes concitoyens, dans cet apologue, le caractère et les projets de vos ennemis, connus sous le nom de Feuillants. Les lâches, ils croient que notre patience est l'effet de notre foiblesse. Mais qu'ils tremblent, qu'ils frémissent ! Le jour où nous cesserons d'être patients, d'être généreux, le jour où nous ne voudrons qu"ètre justes, sera le jour de leur mort.
Mais, pour être victorieux, chers concitoyens, il faut que nous agissions de concert...
Unissons-nous, en ce jour qui sera à jamais mémorable dans l'histoire de la France, notre patrie ; unissons-nous à tous les patriotes François, à nos Représentants, à toutes les sociétés des Amis de la Constitution; unissons-nous à nos braves et incorruptibles frères des armées de ligne ; unissons-nous à l'immortel Pétion, à l'intrépide Luckner ; et, tous ensemble, renouvelons avec eux l'irrévocable seiment de punir sans quartier tous les infâmes qui oseroit proposer le moindre changement à la charte de nos drDÏts. Préparons nos vengeances, apprêtons nos foudres pour tous les ennemis de la Liberté, de l'Egalité, pour
tous les scélérats qui, pour régner, pour nous égorger, n cherchent qu'à nous diviser ; pour tous les fourbes, d quelque manteau qu'ils se couvrent. Renouvelons le ser ment terrible de vivre libres ou de mourir : car, mes amis on ne meurt qu'une fois en se précipitant sur le fer d l'oppression ; mais on expire tous les jours de sa vie sou la verge de fer des Tyrans. Enfin jurons, à la face du cie et de la terre, jurons d'être fidèles à la Nation, à la Loi e au Roi (i)...
Ce dernier mot ne fait pas honneur aux patriote de Belley. Quels retardataires! Ils juraient fidélit au Roi, tandis que ceux de Bourg demandaient sj déchéance et la Convention nationale.
{i] Discours prononcé par M. Carrievi, commandant en chef de l Légion du district de Belley, le 14 juillet lygzjour de la Fédératio7 l'an IV de la Liberté. Belley, 4 p. in-4». — Ph. L. D.