‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 187 sur 217 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Si Edgar Quinet eût gardé en politique la prudence de son aïeul, il n'aurait pas compromis sa belle renommée littéraire, et tous ses concitoyens se seraient empressés de souscrire au monument qu'on lui prépare sur la place décorée de son nom. Il est vrai que c'est précisément sa politique qui lui a valu les sympathies de nos municipaux.

S'il n eût brillé que dans les lettres, notre pays l'oublierait comme il a oublié tant d'hommes éminents qui lui ont été utiles ou qui lui font honneur.

Qu'a-t-il fait, notre pays, pour les Montrevel et les Coligny? Qu'a-t-il fait pour Antoine du Saix, René de Lucinge, Amé de Bouvens î Qu'a-til fait pour Favre de Vaugelas, Bachet deMeziriac, Nicolas Faret, Samuel Guichenon? Qu'a-t-il fait pour Brillât-Savarin, Loubat de Bohan, Varenne de Fenille, Thomas Riboud, Joseph Michaud, Gabriel de Moyria, Chevrier de Corcelle et Marc- Antoine Puvis ?

Une inscription sur la maison de Lalande, une pyramide et une statue à Joubert, une statue au médecin Bichat, un buste au général Puthod et un autre au peintre Chintreuil : voilà tous les honneurs rendus à nos illustrations.

Ajoutons cependant qu'un petit monument va

être érigé, dans un jardin presque public, à la mémoire de M. Mas, le savant pomologiste (i). La Société d'horticulture se souvient qu'elle lui doit son existence. Louée soit-elle de n'être pas ingrate à Tégard de son fondateur , comme la Société d'émulation à l'égard du sien (2) !

Le 20 juillet, Louis XVI invita lui-même tous les citoyens valides à prendre les armes pour la défense du royaume. Sa proclamation, que les historiens ont négligée (3), montre cependant combien il sentait la nécessité du dévouement patriotique et combien il désirait que son sentiment fût partagé. Aurait-il fait à la France un appel si pressant, si chaleureux, s'il avait été de connivence avec les puissances étrangères, comme le disaient les Jacobins?

Nous reviendrons sur ce point quand nous aurons transcrit la pièces la voici d'après le texte authentique :

(ij Depuis que ces lignes sont écrites, le buste de M. Mas en marbre blanc, œuvre parfaite d'exécution et de ressemblance, due au ciseau d'un éminent artiste, notre compatriote, M. Cabuchet, a été placé dans la nouvelle salle du jardin de la Société. Il a été inauguré solennellement le 28 septembre 1879.

(2) Voir nos Curiosités historiques de VAin, t. III, p. 53.

(3) Elle n'est citée ni par M. Bertrand de Moleville, ni par MM. Bûchez et Roux, ni par M. Mortimer-Ternaux.

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