‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 188 sur 217 · PROCLAMATION DU ROI · texte numérisé non relu

PROCLAMATION DU ROI

SUR LES DANGERS DE LA PATRIE Du 20 Juillet 1792, l'an IV de la Liberté.

Citoyens, la Patrie est en danger. L'Assemblée Qationale l'a déclaré. La loi vient d'assigner à chacun son poste : le Roi vous presse de vous y rendre. La mère commune appelle tous ses enfans, ils ne seront pas sourds à ia voie. Il s'agit de garantir vos propriéte's, vos personnes; il s'agit de sauver ce que vous avez de plus cher, vos mères, vos femmes, vos enfans. Fr.\nçois, il s'agit de votre Constitution et de votre liberté.

Ce n'est plus le temps des discussions et des discours, c'est celui des actions éclatantes. L'Europe entière se ligue pour vous combattre ; réunissez-vous pour repousser ses efforts. Des légions ennemies menacent les barrières de l'Empire : c'est là qu'il faut marcher, c'est le fer :ju"il faut opposer au fer ; c'est la subordination et la confiance dans vos chefs, qu'il faut opposer à la discipline et !i l'obéissance aveugle qui font la force de leurs armées ; c'est le concert inaltérable de tous les bons citoyens, qu'il faut opposer au concert des Puissances. Vos ennemis ont l'expérience de la guerre et l'habitude des combats ; vous avez par-dessus eux le grand intérêt de votre propre cause à défendre, et la passion de la liberté, qui élève l'homme au-dessus de lui-même et le transforme en héros. Mais le temps presse ; hâtez-vous de courir sous vos drapeaux ; volez aux camps et sur les frontières, et souvenez-vous que quand l'Etat est en péril, tout citoyen est soldat, et que le dévouement n'est plus une vertu, mais un devoir.

Toutes les cités de l'Empire montreront, sans doute, la noble ambition de voir leur nom inscrit dans l'honorable

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liste de celles qui auront bien mérité de la patrie. Toute la France va se couvrir de bataillons; elle va plus faire encore, elle va se couvrir de citoyens soumis aux loix unis entre eux par les liens indissolubles de la concorde et par leur attachement à une Constitution à laquelle il ont tous fait le serment d'être fidèles.

Administrateurs, magistrats, guerriers, citoyens, voici le moment d'éteindre, dans un sentiment fraternel de réconciliation et de paix, ces dissensions et ces haines qui nou! aflfoiblissent en nous divisant. Voici le moment enfir d'assurer à jamais la liberté en assurant l'empire des loix sans lequel il n'y a que confusion, désordres, malheurs et une anarchique tyrannie, plus cruelle mille fois qu( celle du despotisme.

La loi vous met tous en état de surveillance permanente ; profitez-en pour donner du poids à l'autorité, di ressort au gouvernement ; profitez-en pour rétablir l'ordre et secourir la France qui ne peut résister, si tous les pou voirs, toutes les volontés, tous les courages ne se réunissent pour la sauver. C'est le Roi qui vous appelle ; c'es un Roi, fier de commander à un peuple libre, qui vou; conjure, au nom de la liberté qu'il aime et de régalit( qu'il est comme vous résolu de maintenir, de vous ralliei tous sous les drapeaux de la patrie, de l'aider à donnei force à la loi contre les rebelles du dedans et du dehors de jurer avec lui de vaincre ou de mourir pounles droit: de la Nation, et de vous ensevelir sous les débris de l'Empire, plutôt que de souffrir qu'il y soit porté atteinte, que des étrangers ou des rebelles puissent donner des loix à h France, et que de flétrir par une capitulation honteuse l'honneur du nom François.

Par ces considérations, le Roi partageant la sollicitude de l'Assemblée nationale qui, par son acte du 1 1 juillet, z

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