‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 197 sur 217 · CHAPITRE JV · texte numérisé non relu

CHAPITRE JV

indignation profonde les actes de violence par lesquels la tranquillité publique était troublée dans la capitale (i). »

Puis, le 3 août, il répudia, dans un message, le manifeste signé à Coblentz par le duc de Brunswick-Lunebourg, commandant des armées coalisées d'Autriche et de Prusse. Le but de la coalition n'était pas de nature à plaire aux amis de la Révolution. « Ce qui tient à cœur aux deux souverains, disait le duc de Brunswick, c'est de faire cesser l'anarchie dans l'intérieur delà France, d'arrêter les attaques portées au trône et à l'autel, de rétablir le pouvoir légal, de rendre au roi la sûreté et la liberté dont il est privé, et de le mettre en état d'exercer l'autorité légitime qui lui est due. » Louis XVI affirma dans son message qu'il n'avait négligé aucun moyen d'assurer le succès de la guerre, répéta qu'il s'était fait une loi d'être fidèle à la Constitution et termina par ces belles et touchantes paroles :

Jamais on ne me verra composer sur la gloire ou sur les intérêts de la Nation, recevoir la loi des étrangers ou celle d'un parti; c'est à la Nation que je me dois; je ne fais qu'un avec elle ; aucun intérêt ne saurait m'en séparer; elle seule sera écoutée. Je maintiendrai, jusqu'à mon

(i) Proclamation du Roi sur Is maintien de la tranquillité publique . Da3i juillet 1792. — Lettre du ministre de la Justice au Commissaire iu roi preste tribunal criminel du département de Paris. Du même jour. Paris, Imprimerie royale. S p. in-4«. — Ph. L. D.

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dernier soupir, l'indépendance nationale. Les dangers personnels ne sont rien auprès des malheurs publics. Eh ! qu'est-ce que des dangers personnels pour un roi à qui on veut enlever l'amour de son peuple ? C'est là qu'est la véritable plaie de mon cœur. Un jour, peut-être, le peuple saura combien son bonheur m'est cher, combien il fut toujours et mon seul intérêt et mon premier besoin. Que de chagrins pourroient être effacés par la plus légère marque de son retour !

La majorité de TAssemblée n'était pas à la hauteur de pareils sentiments. Quelques jours avant, elle avait accordé les honneurs de la séance à une demoiselle Lacombe qui, la tête couronnée de roses blanches, était venue lui offrir sa personne, consacrée à l'assassinat des rois (i).

Les factieux poursuivirent sans obstable leur sinistre projet; leurs journaux s'évertuèrent de plus en plus à soulever le peuple, et Carra, la gloire démagogique de Pont-de-Veyle, ne fut pas le moins prodigue d'excitations perverses. Le jour même du message du roi, le 3 août, il écrivit dans ses Annales patriotiques cet odieux article :

Louis XVI, fanatisé à l'excès par l'abbé Lenfant (2), semble ne respirer plus que le sang, le carnage et la ruine totale de la Nation. Le duc de Brunswick vient de nous montrer dans sa déclaration et dans ses menaces une audace d'une telle extravagance, qu'on pourroit croire que ce

(1) Annales monarchiques, 11° du 27 juillet 1792.

(2) Jésuite qui prêcha le Carême de J791 à la Cour et fut massacré le 3 septembre 1792, dans les prisons de l'Abbaye,

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