CHAPITRE IV
jui pullulaient alors en France, et le libelliste le plus plat, e plus de'honté qui existât, parut au parti d'Orle'ans un ;xcellent aboyeur de halles.
En conse'quence il fut présenté à Philippe d'Orléans, ;rand maître du Chapitre, entre les mains duquel il prêta on serment conforme à la doctrine des Initiés, et son nom ut accolé à ceux des Marat, des Père Dtichesne, des Foujuier-Tinville (i).
Le parti d'Orléans acquérant de plus en plus de la conistance, et voyant d'heureuses dispositions dans la personne de Léger Sonthonas, pour perpétuer des douleurs, des crimes et des malheurs d'une espèce nouvelje, le fit nommer commissaire à Saint-Domingue.
Et le Cap fume encor de son patriotisme (2)
Quand la Commission que présidait Sonthonax
mit le pied dans l'île, l'assemblée provinciale du Nord lui e.xposa la situation en ces termes :
MM. les Commissaires, la province dans laquelle vous abordez et dont nous sommes les représentants, cette province jadis si florissante va vous offrir le spectacle le plus déchirant. Depuis près d'un an, elle est presque au pouvoir des esclaves révoltés ; moitié des habitants a péri sous
(1) Il nous a été assuré que, lorsqu'il revenait de Passy. il disait à ses compagnons, qu'il aspirait à la gloire de ces sauvages, chez lesquels est admis à boire dans un crâne humain, au festin des héros, le guerrier qui rapporte le plus de chevelures. « Allons, disait-il dans sa gaieté, jetons à la refonte tout ce qui est usé. » Note de Bacon-Tacon).
{:;) Mémoire ou réponse de Pierre J.-J. Bacon-Tacon aux dénonciatio i$ de Soyruo^Ax père, marchand à Oyonnax. Sonthonax /î/s, exco) imissaire du Directoire à Saint-Domingue, et Consorts. Du i5 frimaire an X. Lyon, an X. 76 p. in-S. P. f 2. — Ph, L. D.
38o SEPTIÈME ÉPOQUE.
le fer assassin ou a succombé sous le poids de la misère pkis de trois mille habitations sont couvertes de cendres e de décombres.
La Biographie universelle^ à qui nous emprun tons cette citation va nous dire les premiers acte de Sonthonax et Tincendie de la ville du Gap.
Au lieu de concerter une attaque générale contre le noirs révoltés, au lieu de les accabler par l'apparition sou daine des troupes d'Europe, Sonthonax se perdit dans de détails d'administration à peu près inutiles, et après avoi consumé un tetaps précieux à écouter des plaintes réci proques, il déporta le général Blanchelande, s'attacha li municipalité et la Société populaire du Cap et prononça 1 dissolution de l'Assemblée coloniale.
Les Commissaires se séparèrent ensuite pour aile
chacun administrer un département de la colonie. Son thonax continua de rester à la tête de l'administration d^ celui du Nord ; Polverel se rendit à l'Ouest; et Ailhaud destiné pour le Sud, repassa en France, ne se sentant ni 1; force ni la volonté de remplir sa mission. Sonthonax e Polverel, restés seuls, donnèrent tête baissée dans le part des hommes de couleur...
Le général Galbaud, investi du commandement généra de Saint-Domingue, crut pouvoirse soustraire à une autorité qu'il regardait comme chancelante; mais ses mesure: furent mal combinées. Sonthonax, qui venait d'assurer le soumission de Port-au-Prince, revint de cette ville au Cap dans les premiers jours de juin lygS; il y fut reçu aux acclamations d'un peuple immense et en véritable triomphateur. Qui aurait prédit alors que, le 21 du même mois, il sçrait chassé de la même ville à coups de canon, et que