CHAPITRE IV. 38 I
:ette capitale serait réduite en cendres ? Ce désastre fut occasionné par Tinsurrection de Galbaud contre Tautorité les Commissaires qui venaient lui ôtcr le commandement.
e général s'empara de la rade, de l'arsenal, et força les [Commissaires à se réfugier sous l'égide des troupes de ligne.
Au milieu du désordre, le parti des Commissaires, fouiroyé par les batteries de l'arsenal, porte le ressentiment usqu'à rompre les chaînes des noirs, ouvrir les prisons, irmer les esclaves et les ouvriers. La lutte la plus épouvantable s'engage dans la ville même ; des deux côtés on mploie le fer et le feu qui éclate à la fois dans tous les quartiers. Galbaud vaincu ne trouve de refuge que dans la •ad 3, et, mettant à la voile pour les Etats-Unis, laisse les rendres fumantes du Cap au pouvoir des nègres révoltés.
Le lendemain de ce désastre, il se passa un fait qui suffirait seul, dit complaisamment M. Béa- ;rix, pour répondre aux reproches de cruauté, que luelques historiens ont adressés à Sonthonax, fait jui rappelle en même temps, ajoute-t-il, l'exemple ies plus beaux dévouements romains. » Sur ce iernier point, l'historien libéral du pays de Gex a aison : Polverel s'est conduit en héros. Voici 'incident, tel que M. Béatrix le rapporte :
En arrivant à bord, Galbaud écrivit à Sonthonax : Parmi les prisonniers que j'ai faits hier, se trouvç le fils du citoyen Polverel : mon frère est entre vos mains ; ( l'intérêt du citoyen Polverel est de ravoir son fils ; mon intérêt est de ravoir mon frère ; je vous propose cet échange. »
Sonthonax, qui avait reçu le parlementaire et ouvert 1 lettre, la transmet à son collègue, et lui dit : « Tu es père « fais ce que tu dois ; je consens à tout (i). »
Polverel lit à son tour et cherche à couvrir de sa mai les larmes qui inondent son visage ; il n'a pas longtemp la force de dissimuler son désespoir ; il veut parler ; ma: les sanglots paraissent étouffer sa voix. Après un momer de recueillement, au grand étonnement de ceux qui l'en tourent, on l'entend prononcer des paroles entrecoupées
« J'adore mon fils Je sens tout ce que sa position et 1
« mienne ont de pénible... Il peut périr... J'en fais le sa « crifice à la République... Non, ce n'est point à moi d « gâter sa cause... Mon fils a été pris en portant des pj « rôles de paix à des révoltés... Galbaud a été pris le
« armes à la main contre les délégués de la France 1
» n'y a pas parité Quel que soit le sort de mon fils, j
« ne consentirai jamais à l'échanger contre un coupable. Rien ne put triompher de ce stoïcisme (2).
Effrayés du triomphe des nègres, les commis saires se virent contraints à faire des concessions Sonthonax proclama, le 29 août 1793, l'affranchis sèment général de la colonie française. Cette me sure, confirmée par la Convention le 16 pluviôs{ an II (4 février 1794), brisa les liens qui atta chaient à la France la masse des colons. Tous le; propriétaires d'esclaves, blancs ou de couleur frémirent d'effroi et appelèrent les. Anglais de h
(i) Est-ce une grande preuve d'humanité ? Pouvait-il faire moins pou son collègue ? et ne pouvait-il pas faire un peu plus, en acceptant l'é change sans le consulter ?
(2) Notice sur Sonthonax déjà citée, p. i5g.