‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 202 sur 217 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

amaïque. Ceux-ci profitent de l'occasion et s'emparent de plusieurs villes. Sonthonax prescrit au énéral Lavaux d'incendier les lieux qu'on serait bligé d'abandonner, s'appuie sur les nouveaux (franchis, soumet la surveillance « au régime mitaire le plus dur, » et ordonne que les blancs et les nciens libres seront désarmés et que leurs armes asseront dans les mains des noirs naguère leurs sclaves.

Ici se présente un fait, tout à la louange de Sonlonax. Nous l'empruntons à M. Béatrix, qui le aconte à peu près dans les mêmes termes que la hographie universelle :

Les Anglais, maîtres du golfe de Port-au-Prince, senient que la présence de Sonthonax dans cette ville romit la trame de leurs séductions ; ils crurent devoir emoyer les démonstrations menaçantes. Le commodore Forp parut avec deux vaisseaux, l'Europe et le Sceptre, latre frégates et plusieurs bâtiments légers. Un canot fut taché en parlementaire avec un officier de terre et deux iciers de mer. Sonthonax les fit conduire près de lui, au iliea d'une foule agitée qui ne cessait de crier : Vive la ''publique ! et mort aux traîtresl Ces officiers avant demdé de lui parler en particulier :

K E)es Anglais, leur répondit-il, ne peuvent avoir rien le secret à me dire ; parlez en public, ou retirez-vous. »

Un des officiers de marine dit alors : — o Je viens vous sommer, de la part du roi d'Angleterre, de lui rendre :ette ville qu'il prend sous sa protection. » — t Comme

1 veut y prendre sans doute les cinquante-deux bâti-

384 SEPTIÈME KPOQUK.

« ments qui sont dans le port, répondit Sonthonax. » • « Ils sont de bonne prise, répliqua l'Anglais, nous somm( « en guerre avec la France. » — « Halte-là ! s'écria Sonthc « nax, si nous étions jamais forcés d'abandonner la plac « vous n'auriez de ces bâtiments que la fumée, car les ce « dres en appartiendraient à la mer ! »

Des milliers de cris : Vive Sonthonax 1 Vive la liberté apprirent aux parlementaires que leur mission étc terminée ; ils retournèrent à leur bord.

Le Commodore J. Forp écrivit le lendemain à Sonth( nax pour le sommer encore de rendre la ville, et pour prévenir qu'en cas de refus , il allait la bombarder « Commencez, M. le commodore, lui répondit Sonth( « nax; nos boulets sont rouges et nos canonniers sont « leur poste. »

Cette réponse intimida les Anglais qui ne voulaient qi des conquêtes faciles ; ils s'éloignèrent en jugeant que l'c casion n'était pas opportune (i).

Le Port-au-Prince néanmoins finit par tombi au pouvoir des Anglais, et, la situation n'étai plus tenable, les Commissaires quittèrent Sain Domingue. La proscription de Brissot et du par de la Gironde avait atteint Sonthonax d'autai plus facilement qu'il était énergiquement dénon( par les planteurs, et la Convention Pavait décré d'accusation le i6 juillet 1793. Mais il eut chance de débarquer à Rochefort le matin c 9 thermidor, de ce jour qui le délivra de ses enn

(t) Notice sur Sonthonax déjà citée, p. 16 1.

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