‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 24 sur 217 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

« M. Necker se croyait homme d'État, il n'était « que banquier (i). » Nous croyons toutefois que ses qualités n'étaient pas à la hauteur des circonstances, et qu'après avoir favorisé la Révolution, il ne sut la diriger ni au gré des honnêtes gens ni au gré des passions et des courtisans du peuple.

Notre pays n'était pas à l'abri des mauvaises doctrines et des mauvais conseils; nous avons vu en 1789, quatre amis du peuple l'excitant à brûler le château de Challes. Mais la vigilance de nos administrateurs empêchait l'insurrection d'éclater.

Tandis que l'esprit de révolte se propageait dans Tarmée, tandis que des troubles se manifestaient à Paris et dans les provinces, à Brest, à Nemours, à xMontauban, à Toulon, à Metz, à Saint-Etienne, à Orléans, et jusque dans les colonies, la Bresse et les autres provinces de l'Ain restaient calmes. Dans le directoire de notre département, l'initiative appartenait heureusement à Thomas Riboud, qui aimait le peuple, et ne le flattait pas.

Les factieux étaient d'ailleurs intimidés par la présence de troupes nombreuses. Soit que l'on se défiât des projets belliqueux prêtés à la Savoie, soit que l'on craignît des tentatives insurrection-

(i) Histoire de France depuis l'Assemblée des notables, t. H. p. 260. 7* édition.

nelles de la part des ouvriers lyonnais, soit que les princes voulussent transformer Lyon en capitale de la France, plusieurs régiments, sous le commandement de M. de la Chapelle, stationnaient dans PAin, à portée de la frontière et de Lyon.

Le régiment des chasseurs d'Alsace était à Bourg avec son état-major, celui de Monsieur à Montluel , celui de Guyenne à Trévoux -, celui d^Austrasie devait tenir garnison à Meximieux, Pérouges et Loyes. Plusieurs détachements étaient disséminés en Dombes et dans nos montagnes.

L'administration fit tous ses efforts pour alléger les charges militaires ; elle obtint que le régiment de Monsieur quittât Montluel et que Trévoux n'eût plus à loger qu'un bataillon d'Austrasie, Mais, d'autre part, elle ne négligea rien pour mettre le pays en état de défense d'une manière moins onéreuse. Voici ce qu'on lit dans le premier compte de gestion du Directoire :

Personne n'ignore les bruits qui ont été répandus dans le mois d'août (1790), relativement aux armements des puissances voisines de la France, notamment de ceux attribués à la Savoie; le Directoire qui prit des informations sur leur réalité, n'en conçut aucune inquiétude. Cependant, comme ils continuèrent à s'accréditer, principalement lorsqu'il fut question d'un passage de troupes impé'riales sur le territoire de France pour se rendre dans le Brabant, il crut convenable de se procurer des renseignements plus positifs, et surtout de faire vérifier l'état de la

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