‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 25 sur 217 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

frontière. Cette dernière ope'ration pouvoit être utile dans tous les temps, et le Directoire regarda comme important d'acquérir une connoissance exacte de toutes les parties qui touchent à l'étranger. Une lettre de MM. les députés du département à l'Assemblée nationale acheva de la confirmer dans ce projet. D'ailleurs nos gardes nationales n'étant presque pas armées, ou Tétant mal, il devenoit nécessaire de les mettre en état de se défendre en cas d'invasion prochaine ou éloignée.

En conséquence une adresse fut envoyée tant à l'Assemblée nationale qu'au ministre, le 4 août, par laquelle le Directoire demandoit douze mille fusils, deux pièces de campagne avec tous leurs agrets et en outre toutes les munitions nécessaires. Le ministre répondit, le i3, qu'il prendroit la demande en considération, mais que le décret de l'armement des gardes nationales des frontières prescrivant que toutes les adresses de cette nature seroient communiquées à l'Assemblée nationale, il lui feroit part de celle du département de l'Ain. MM. les Députés annoncèrent aussi qu'on leur avoit promis de s'en occuper ; le Directoire espère qu'on ne la perdra pas de vue ; et plusieurs municipalités lui ayant adressé des pétitions particulières, notamment le pays de Gex, qui a été alarmé parles bruits d'une réunion qu'on annonçoit devoir s'opérer dans son district, le Directoire a rappelé sa demande du 4 août, et sollicité de nouveau des ^cours par un mémoire adressé au ministre le 29 septembre (i).

En réclamant des armes, il avoit chargé MM. Dandelin,

(i) « Les bruits de mouvements contraires à la sûreté publique s'étant renouvelés au commencement de décembre, le Directoire a autorisé les gardes nationales de Belley à occuper le fort de Pierre-Châtel.qui ne renfermoit que des chartreux, et il a réitéré la demande d'armes ; il a eu avis que le département seroit compris dans la distribution des 5o,ooo fusils qui doit avoir lieu. » Note du rapporteur Thomas Riboud.

chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine d'artillerie et commandant de la garde nationale de Bourg, Grumet de Montpie, ingénieur du roi, et Céard, ingénieur des ponts et chaussées, de visiter la frontière et les bords du Rhône, depuis l'extrémité du pays de Gex jusqu'au Dauphiné. Ces commissaires ont rempli cette mission avec toute l'activité et toute l'intelligence possibles, et le résultat en a été consigné dans un mémoire dressé par M. Dandelin. A une description exacte du local et du cours du fleuve, on a joint des observations sur les points à mettre en défense, sur les endroits où l'on pourroit placer de l'artillerie et des hommes avec avantage en cas d'attaque, enfin sur le meilleur emploi des gardes nationales dans nos pays, sur l'état des munitions et sur la situation actuelle des forts de l'Écluse et de Pierre-Châtel.

Il est démontré dans ce mémoire qu'il est très difficile qu'une armée ennemie puisse se hasarder à pénétrer en France par le Bugey, qui est supérieurement défendu : I» par le Rhône qui coule dans un lit profond, dont les bords sont escarpés et taillés à pic ; 2" par de hautes montagnes qui n'oflfrent que des passages rares dans des défilés étroits, longs et partout dangereux, où un petit nombre d'hommes, des coupures et des abattis peuvent arrêter une armée.

A des précautions dont l'utilité subsistera toujours, le Directoire ajouta encore celle de se procurer des détails précis sur les forces et les mouvements de la Savoie. Il acquit ainsi l'assurance que tout y étoit tranquille et qu'on n'y apercevoit aucun mouvement hostile (i).

(i) Rapport contenant les détails principaux de la gestion du Directoire du département de l'Ain jusqu'au i" novembre 17 go, par M. Ri- Bovv), procureur-général-syndic. Bourg. 1790. 148 p. in-4». p. i3i.

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