‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 39 sur 217 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Le député Gueidan, curé de Saint-7rivier, motive son refus d'adhésion à la Constitution civile; lettre à ses paroissiens du 22 décembre lyqo. — Le député Royer, futur évéque constitutionnel de Belley.jure à la séance du 2~ décembre; courageuse résistance des évéques cTAgen et de Poitiers. — Polémique dans notre pays au sujet du serment. — Arguments des jureurs. — Conduite de nos prêtres et de nos populations. — Dispositions de M. Gauthier-des-Orcières à regard des moines et des suspects.

Un décret spécial du 27 novembre 1790, confir* mant les articles xxi et xxxviii du titre II de la Constitution civile du clergé, exigea le serment des prêtres sous peine de perte de leurs offices. Le roi hésita, on le comprend, à sanctionner une mesure qui mettait le clergé dans la nécessité d'opter entre sa conscience et la misère ; il ne s'y décida que sous les cris de l'émeute, le 26 décembre suivant.

Avant la sanction, il y eut entre un député de Bresse et ses paroissiens une correspondance qui I mérite d'être mentionnée.

1 Le 1 1 décembre, les Officiers municipaux de iSaint-Trivier en Bresse engagèrent le député

hTcKB 11.

Gueidan, leur bien-aimé curé, à prêter serment pour rester au milieu d'eux.

Nous sentons, lui dirent-ils, combien ce serment peut coûter à votre cœur et à votre délicatesse ; mais si vous sentiez combien le résultat du refus nous affligeroit, vous n'hésiteriez pas de céder aux instances du décret, malgré la répugnance que vous pourriez y avoir. Vous remettriez le calme dans tous les esprits ; vous leur rendriez leur

premier contentement, qui ne peut exister sans vous

Vous avez fait le bonheur de vos concitoyens (i) ; mais ils vous assurent qu'il n'existera réellement, que lorsqu'ils seront assurés de vous posséder éternellement,....

Cette lettre était signée par MM. Desmaret, maire, Josserand^ quatrième officier municipal, et L. Champion^ procureur de la commune.

M. Gueidan répondit très affectueusement, le 22 décembre, en motivant son refus sur ses principes.

Jésus-Christ, dit-il, a établi une seule religion pour toutes les nations, une seule Église pour conserver le dépôt de la foi, et l'enseigner aux peuples. Ce n'est qu'à ses apôtres et à leurs successeurs qu'il a confié le gouvernement de son Église, et non aux empereurs.

Les puissances de la terre, quelles qu'elles soient, ne peuvent ni ne doivent donc s'ingérer dans le gouvernement de l'Église ; ce gouvernement est hors de leur compétence, il appartient à un ordre supérieur. Leur devoir est de protéger et d'agir de concert avec les premiers pas-|^

(i) Il avait fait fixer à Saint-Trivier le tribunal du district.

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