CHAPITRE VU
teurs, lorsqu'elles jugent quelques re'formes utiles. Comme de simples fidèles, elles doivent la soumission et le respect aux décisions de cette Église, à ses loix, à ses règlements, tant dans ce qui concerne la morale et le dogme que la discipline. Dans les affaires non seulement de la foi, dit le célèbre Bossuet, mais encore de la discipline ecclésiastique, à l'Église la décision ; au prince la protection, la défense^ l'exécution des canons et des règles ecclésiastiques. • Le gouvernement de l'Église est un gouvernement patriarcal; les évêques en sont les chefs. C'est à eux à qui appartient la surveillance générale sur tout le bercail ; c'est à eux d'assigner à chaque prêtre la partie du troupeau qu'il doit paître par la parole et l'administration des sacrements. Les ministres inférieurs leur doivent une soumission entière; ils ne sont que les coopérateurs subordonnés des travaux apostoliques
Or, je vous le demande maintenant, Messieurs, pourrois-je prêter sur la Constitution civile du Clergé, un serment pur et simple ? Non, je ne le puis pas, je ne le dois pas. Car je jurerois que toute autorité dans les pasteurs de Jésus-Christ ne vient pas de Jésus-Christ, puisqu'on se permet de la leur ôter, de la restreindre, de la modifier.
Je jurerois que la mission, la juridiction de l'Église, n'est pas essentielle à ces mêmes pasteurs; que par une puissance civile, elle peut leur être enlevée et transférée à d'Lutres.
Je jurerois que la puissance civile peut empêcher à un ministre de prêcher, d'absoudre, d'ordonner là où l'Église lui a donné pouvoir de le faire, qu'elle peut, à ce ministre légitime, en substituer un autre, pour exercer les mêmes fonctions là où l'Église ne l'a pas* envoyé.
. e jurerois que le pape, chef suprême de l'Église, vicaire de Jésus-Christ, est un chef sans pouvoir, sans autorité,.
sans juridiction, puisqu'on lui interdit la connoissance des causes majeures, la confirmation des évêques, le droit d'accorder des dispenses, etc, etc.
Je jurerois que l'e'vêque n'est pas supe'rieur aux prêtres, puisque l'évêque ne peut faire aucun acte de juridiction sans le consentement de son conseil, qui n'est pas même à son choix, puisqu'on pourra appeler de ses décisions non au me'tropolitain, au pape, à un concile, mais à un synode de prêtres....
Enfin, je jurerois que l'Église n'a pas le pouvoir nécessaire pour régler sa discipline, la modifier, la changer selon les circonstances ; que le gouvernement de cette Eglise n'a pas été confié aux apôtres et à leurs successeurs légitimes; que ce n'est pas à eux exclusivement, mais encore aux puissaftces temporelles, que Jésus-Christ a dit : Celui qui vous écoute, m'écoute... Je serai avec vous jusqu'à la consommation des siècles. ..
Non, Messieurs, je ne jurerai pas ainsi. Je rendrai toujours à César ce qui est à César, mais aussi à Dieu ce qui est à Dieu. Mon attachement à la religion est le plus sûr garant que je puisse offrir de ma fidélité au roi et à la patrie...
Quant à la démarche que vous faites auprès de ffloi, Messieurs, pour m'engager à surmonter mes répugnances, à prêter un serment qui rétablirait le calme dans tous les esprits, je la regarderai éternellement comme une marque précieuse de raff"ection que vous me portez : l'amitié vous l'a inspirée ; que ne puis-je y répondre ? Pourquoi les désirs du cœur sont-ils souvent contrariés par le devoir?...
Quel que puisse être, au reste, le résultat de mon refus, quelque pénible qu'il doive être, aux termes de votre lettre, pour vous et tous vos concitoyens, croyez qu'il en coûte plus à moi qu'à personne autre, d'envisager les tristes