CHAPITRE VIII
Elections de la magistrature en décembre ijgo ; incident à Montluel, MM. Valentin du Plantier et Lyvct ; incident à Pont-de-Veyle. MM. Tardy et Ckevrier. — Réquisitoire de Thomas Riboud pour la conservation de l'église et du couvent de Brou. — Perquisitions d'armes au château de Bohas : lettre de M. de Bohan et procès-verbal.
— Les pauvres de Bourg, proclamation des Officiers municipaux. — Prestation de serment du curé de Montréal. — Sociétés des Amis de la Constitution ; celle d'Ambérieu dénoncée par la municipalité de Lagnieu. — Celle de Bourg recommande aux Frères et Amis le discours de Groscassand-Dorimond sur le serment des ecclésiastiques.
— Celle de Lyon est exhortée par le bugiste Billiema^ à nommer un évêque philosophe. — Mandement de M. Lamourette, chanson plaisante.
Dans le courant de décembre 1790, les électeurs procédèrent à la nomination des magistrats.
A Bourg, MM. Chesne, Chalant, Populus et Lescuyer furent élus juges, MM. Martinon, Ferrot, Midan, Cozon avocat, juges suppléants, et le rci choisit pour son commissaire près le nouveau tribunal M. Valentin du Plantier, lieutenant-général au bailliage de Bresse.
A Pont-de-Vaux M. Gauthier ci-devant des Orcières fut élu premier juge.
MM. Populus et Gauthier, enchantés de leur nomination, écrivirent de belles lettres de remer-
go QUATRIEME EPOQUE.
ciement, le 20 et le 28 décembre : le premier, aux Officiers municipaux de Bourg, et le second, au président de l'Assemblée électorale de Pont-de- Vaux. [Arch. de Bourg).
A Montluel, les élections eurent lieu le 18 et le 19 décembre et furent Fobjet d'une intrigue avortée, qui n'offre par elle-même qu'un médiocre intérêt, nriais qui suggéra de sages avis sur le suffrage populaire.
Un ami de M. Lyvet, avocat, s'était servi du nom de M. du Plantier pour recommander à M. Belin, châtelain de Montluel, la candidature dudit avocat à une des places de juge du tribunal de Montluel. La lettre, émaillée de grossières fautes d'orthographe, n'était évidemment ni l'œuvre du lieutenant-général du bailliage, ni écrite sous l'inspiration de M. Lyvet. Mais M. du Plantier craignit qu'elle ne fût exploitée par la malveillance et ne compromît sa délicatesse de magistrat. Il dénonça donc au public avec indignation cette fausse lettre et protesta de son respect pour la Constitution et pour la liberté des votes.
Ce sera surtout, dit-il, en laissant ^u peuple la liberté de son suffrage dans les Assemblées électorales, en l'accoutumant à suivre strictement les seules indications de sa conscience pour la nomination aux places administratives, municipales et judiciaires, que la France jouira vraiment de sa régénération. Ce but seroit manqué si l'in-