‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 51 sur 217 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

interdites a tous particuliers qui n'auroient pas à leur tète la municipalité de Bohaz ; les décrets de l'Assemblée nationale le veulent ainsi, et chaque corps doit exercer son autorité dans l'arrondissement qui lui est fixé. Je suis avec attachement, Messieurs, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

LOUBAT DE BOHAN.

Bohaz, 14 janvier 1791.

Nous soussignés, sur la lettre à nous adressée par M. Loubat de Bohan, sur les bruits qui se sont répandus, qu'il avoit chez lui des armes, de la poudre, du plomb et beaucoup d'armes à feu, et quantité de seigneurs étrangers du nombre desquels on nomme M. le comte d'Artois : pour faire cesser de pareils soupçons ledit sieur Loubat de Bohan a requis la municipalité de Bohaz de venir en corps pour faire .'es perquisitions les plus exactes dans tout l'intérieur de son domicile, ainsi que dans une maison qui lui appartient située dans l'intérieur du village. Nous n'avons rien trouvé qui puisse donner témoignage à des bruits aussi invraisem.blables ; ce que nous certifions sincère et véritable : en foi de quoi nous avons signé le présent procès-verbal, et du nombre des Officiers municipaux se trouvent Antoine Derogna, Claude fils de Guillaum.e Joly, Jean-Baptiste Bernard, Zacharie Lecuer, Claude Gachy qui ont déclaré ne savoir signer ; et ont signé Jean-Baptiste Chamard, maire, Claude Joly, Claude Dcndé, procureur de la commune, Claude Lucas, Gabriel Bely, commandant de la Garde nationale, Claude Bernard, sergent de la Garde nationale.

i^ait à Bohaz, le 1 5 janvier 1791. Signé Chamard, maire;

JoLY, officier municipal; Lucas, greffier; Bely, commandant de la Garde nationale; Dondé, procureur syndic (i).

Nous verrons plus loin, VP époque, ch. VI, que cette constatation n'arrêta ni les bruits absurdes ni les actes de violence.

L'hiver de 1790- 1791 fut difficile à passer pour le peuple, non par l'insuffisance des récoltes, mais par l'insuffisance du travail, suite inévitable des troubles politiques. Le 16 décembre 1790, l'Assemblée nationale avait voté quinze millions pour soulager la classe laborieuse; sur ces quinze millions, quatre-vingt mille livres étaient affectées à chaque département et devaient servir à l'organisation d'ateliers de secours.

Malgré le zèle du Directoire de l'Ain, qui, avant l'avis officiel du décret, en provoqua l'application (2;, il fallait un certain temps pour établir des ateliers utiles, et le pauvre ne pouvait attendre ;3;.

Les Officiers municipaux de Bourg firent appel à la charité de leurs concitoyens dans une proclamation navrante :

(i) Lettre à la municipalité de Boha^ par M. Loubat de Bohan. In-8 de 8 p. — Ph. L. D.

(2) Lettre du 3i décembre 1790 aux Directoires de districts. Ms. de4p.j in-folio, signé de tous les administrateurs. — Ph. L. D. |

(3) Les ateliers furent désignés par arrêté du Directoire du 5 marsclj réglementés par arrêté du 6. Ce dernier fut impiimé : Arrêté du Direc-\ toire du département de l'Ain, concernant les ateliers de secours. Di[ 6 mari ijqi. Bourg, 1791, la p, in-4«. — Ph, L. D. |

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