CHAPITRE IX
niquaitavec les Tuileries par une voie souterraine. Le 28 février, le faubourg Saint-Antoine s'arme de pioches, se rend à Vlncennes sous la direction du brasseur Santerre, et attaque le donjon. La Fayette s'y porte avec la garde nationale ; un bataillon refuse d'obéir et cric : A bas La Fayette! Cependant il parvient à dissiper Tinsurrection.
Le même jour, trois cents gentilshommes, sur le bruit du danger que le roi courait, s'étaient réunis aux Tuileries avec des poignards et des pistolets cachés sous leurs vêtements : ce qui fit donner le nom de conspiration des chevaliers du poignard k cette manifestation royaliste. Les officiers de la garde nationale, de service au château, jaloux du concours des amis du roi, réclament leur désarmement, et le roi Taccorde pour éviter Teffusion du sang. En ce moment, La Fayette, revenant de Vincennes, et voulant raffermir sa popularité, fait distribuer à ses soldats les armes des royalistes et en laisse maltraiter quelques-uns. De plus, il force le roi à déclarer que les portes des Tuileries ne seront ouvertes désormais qu'au gouverneur, à la garde nationale de service et aux domestiques I du château ; de sorte que les Tuileries devinrent en quelque sorte une prison d'État.
Le départ de Mesdames donna lieu à deux projets de loi : Tun contre l'émigration et l'autre sur la résidence des fonctionnaires publics.
Le premier succomba, le 28 février, sous l'éloquence de Mirabeau : « La popularité dont j'ai eu Thonneur de jouir comme un autre, s'écria-t-il, n'est pas un faible roseau ; c'est dans la terre que je veux enfoncer ses racines sur l'imperturbable base de la raison et de la liberté. Si vous faites une loi contre les émigrants, je jure de n'y obéir jamais ! »
Le second projet, qui qualifiait le roi de fonctionnaire public, passa le 28 mars, au milieu d'une tempête. Les articles m et viii étaient ainsi conçus : — Art. m. Le roi, premier fonctionnaire public, doit avoir sa résidence à vingt lieues au plus de l'Assemblée nationale, lorsqu'elle est réunie ; et lorsqu'elle est séparée, le roi peut résider dans toute autre partie du royaume. — Art. viii. Si le roi sortait du royaume, et si, après avoir été invité par une proclamation du Corps législatif, il ne rentrait pas en France, il serait censé avoir abdiqué la royauté.
Au moment de remplacer la dîme par l'impôt foncier, nos législateurs voulurent se rendre compte des charges que la dîmefaisaitpesersur la culture; ils demandèrent à quel taux elle se percevait dans chaque municipalité. Notre procureur-généralsyndic fit prendre des renseignements par les directoires de district, et en forma un état gêné-