CHAPITRE IX
rai qu'il expédia au Comité des impositions, le 19 mars 179T (i).
Nous donnons à la fin du volume cet état qui nous paraît digne d'être conservé. On verra ce qu'était dans chaque paroisse cette fameuse dîme dont les histrions politiques font craindre le rétablissement.
Au lieu de prélever le dixième des produits, comme l'indique son nom, la dîme ne prélevait qu'une fraction inférieure au dixième. Ainsi, dans l'Ain, la grosse dime^ celle du froment et du seigle, emportait le 1 1 ^ dans 1 1 3 municipalités, le 1 2^ dans 55, le i3^ dans 96, le 14^ dans 84, le i5^ dans 46, le 16^ dans 32, le 17^ dans 4, le 18^ dans 5, le 19^ dans 3, le 20^ dans 10, le 2 1 ^ dans 41 , le 23^ dans 2, et le 3 1^ dans 12; — de sorte qu'ew moyenne la dîme du froment et du seigle ne prenait guère que la i5^ gerbe.
La proportion était encore plus faible pour les autres grains, le chanvre et les légumes, et pour le vin. Parfois même le taux de la dîme n'était pas fixé ; le propriétaire donnait ce qu'il voulait au dimeur.
Il s'en fallait donc de beaucoup que le dixième du revenu fût atteint par la dîme, tandis que l'impôt foncier ne se fait aucun scrupule d'en arriver là. Si
* (1) Taux auquel la dîme se perçoit dans le département de VAin. Ms. in. folio de 56 pages. — Ph. L- D.
120 QUATRIÈME KPOQUE.
nous sommes moins corvéables^ nous sommes tout autant et même plus t ail labiés à merci que sous Fancien régime (i).
Déjà, en 1 79 1 , le département de T Ain payait en contributions foncière et mobiliaire, principal et accessoires, la somme de 2,804,396 livres (2). et le Directoire du district de Bourg, obligé d'avouer à ses concitoyens que le rôle de 1791 excédai: celui des précédentes d'un tiers et on:{ieme^ leur dorait la pilule avec de belles phrases sur les bienfaits de la Révolution (3 .
Dès les premiers jours de décembre 1790, le Directoire de FAin avait demandé, sur la proposition de Thomas Riboud, que Féglise de Brou fût conservée comme monument national (4. Le dé cret désiré fut obtenu le i3 mars 1791.
« Notre église, dit Fhistorien de Brou, sembl destinée à tomber sous le marteau des démoli seurs. Sa ruine fut heureusement conjurée par homme dont le nom retentira longtemps avecéloge dans ce département. M. Thomas Riboud,
fût
(i) Un ancien conservateur des hypothèques, M. F. Dolivier, cité par le Courrier de l'Ain du 29 mars 1879, évalue les charges actuelles de la propriété agricole à 41 1/2 0/0 de son revenu.
(2) Page 58 du Compte de la gestion du Directoire de l'Ain pour 1791. Bourg, 1 791, 86 p. in-4<'. — Ph. L. D.
(3) Pages 20, 21 et 22 du Compte de la gestion du directoire du diS' trict de Bourg pour 1791. In-4» de 24 p. — Ph. L. D.
(4) Voir l'arrêté du Directoire dans notre brochure : L'Eglise de Brou et la devise de Marguerite d'Autriche, p. 16.