‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 68 sur 217 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Mort de Mirabeau; douleur de Tévêque de Paris; joie de Marat ; mot de M"' Roland. — Religieux et religieuses flagellés à Paris. — Traitement des ministres; observation de M. de Lucinge. — Le roi monte en voiture pour aller à Saint-Cloud et ne peut sortir des Tuileries. — Décret du i5 mai sur les colonies; mot de Robespierre.

— Nouvelle législature ; l'Ain nommera six députés; convocation des électeurs. — Conseils aux électeurs par la Société des amis de la Constitution de Bourg et par le citoyen J. M. C. {E. Charrassin). —■ Motion dithyrambique à la Société des amis de la Constitution de Tréi'oux. par M. Eustache,juge de paix ; règlement de cette Société.

— Projet de retraite du roi à Monimédy.

Le 2 avril 1791, le grand tribun, Honoré Riquetti, comte de Mirabeau, cessa de vivre lorsqu'il ; se disposait à rétablir l'harmonie entre la monar- I chie et TAssemblée nationale. Il mourut à quajrante-deux ans, des suites de sa vie licencieuse, légalement regretté de la cour, à laquelle il s'était :| vendu, et du peuple qui le croyait encore à lui. Sa Imort fut si prompte (il succomba le sixième jour ide sa maladie) qu'on le crut empoisonné; mais irautopsic ne confirma pas cette conjecture. il Deux jours avant d'expirer, il fut étonné d'un iigrand bruit qui frappa ses oreilles ; on lui' apprit ique c'était un coup de canon : « Seratent-ce déjà^ s'écria-t-il, les funérailles cC Achille ? » Sur le

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point de mourir : Mes amis^ dit-il encore, ce tï'est pas sur moi qiC il faut pleurer, c est sur la monarchie ; elle descend avec moi au tombeau. »

L'Assemblée nationale lui rendit des honneurs extraoî-dinaires. Elle assista, président en tête, à s-^s magnifiques obsèques avec les ministres, les autorités, les magistrats et dix-huit cents membres des clubs, et elle fit déposer sa dépouille dans un temple qu'elle destina, sous le nom de Panthéon, à recevoir les cendres des grands hommes.

Uévêque constitutionnel de Paris, J.-B. -Joseph Gobel, lui consacra tout un mandement dont voici le singulier début :

Tandis que nous étions occupé, nos très chers frères, de l'instruction pastorale que nous avions le projet de vous adresser, un événement aflfreux est venu troubler nos méditations, et changer l'ordre entier de notre travail. Aux chants de triomphe et d'allégresse que nous nous préparions à vous faire entendre, ont succédé tout à coup les accents plaintifs de la douleur; et le cantique national ça IRA, ÇA IRA, qu'il nous a été si doux de répéter avec vous, est remplacé par ce cri funèbre : Il n'est plus, il n'est PLUS. Non, il n'est plus, cet homme incomparable, qui semblait avoir été formé pour notre siècle, qui en avait adopté tous les principes, et qui en propageait si merveilleusement la doctrine et les lumières. Hélas ! la mort a frappé sans pitié ce chef ardent de la plus belle des révolutions; et l'homme puissant et fort, le plus ferme soutien de la Constitution, tombe et s'écroule comme les faibles roseaux qu'un limon impur a flétris et desséchés ! Quelle

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