‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 69 sur 217 · CHAPITRE X. 1 j · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. 1 j

•erte pour vous et pour nous, nos très chers frères ! pour tous surtout qu'il honorait d'une protection particuUère, i conforme à notre nouveau ministère...

Marat, instruit déjà de la défection de Mirabeau >u plus clairvoyant, n'eut pas le moindre respect )0ur sa mémoire. Voici ce qu'il appela VOraison wicbrc de Riquetti :

Peuple, rends grâces aux dieux ! ton plus redoutable nnemi vient de tomber sous la faulx de la Parque ; liquetti n'est plus. Il meurt victime de ses nombreuses rahisons, victime de ses trop tardifs scrupules, victime de a barbare prévoyance de ses complices atroces, alarmés .'avoir vu flottant le dépositaire de leurs affreux secrets (i). ■"réoiis de leurs fureurs, et bénis b justice céleste. Mais ue vois-je ? des fourbes adroits dispersés dans tes groupes nt cherché h surprendre ta pitié, et déjà dupe de leurs iux discours, tu regrettes ce perfide comme le plus zélé e tes défenseurs ; ils t'ont i eprésenté sa mort comme une alamité publique, et tu le pleures comme un héros qui 'est immolé pour toi, comme le sauveur de la patrie. >en;s-tu donc toujours sourd à la voix de la prudence, et erdras-tu toujours la chose publique par ton aveugle-

aerti" La vie de Riquetti fut souillée de mille forfaits

louviens-toi qu'il était l'un des valets nés du despote; u'il ne fronda la cour que pour capter tes suffrages; qu'à eine nommé aux États pour défendre tes intérêts, il lui endit tes droits les plus sacrés ; qu'après la chute de la bastille il se montra le plus ardent suppôt du monarhisme; qu'il abusa cent fois de ses talens pour replacer

(i) Marat le supposait empoisonna par la Coar.

î32 QUATRIÈME ÉPOQUE.

dans les mains du monarque tous les ressorts de l'autorité ; que c'est à lui que tu dois tous les funestes de'creti qui t'ont remis sous le joug et ont rivé tes fers : cehù dt la loi martiale^ — celui du vote suspensif, — celui de l'initiative de la guerre^ — celui de l'indépendance, des délégués de la Nation^ — celui du marc d'argent, — celui di pouvoir exécutif suprême, — celui de la félicitation dei assassins de Met:^, — celui de l'accaparement du numéraire par de petits assignats, — celui de la permissior, dtémigrer accordée aux conspirateurs, etc. Jamais il n'élevî la voix en faveur du peuple que dans les cas de nulle importance. Après l'avoir trahi mille fois consécutives, ur seul jour depuis la journée des poignards, il refusa dt tremper dans une nouvelle conspiration, et ce refus devin! pour lui l'arrêt de sa mort (i). — L'Ami du Peuple. no ccccxix.

Madame Rolland, qui rêvait une révolution vertueuse, crut d'abord que Mirabeau était mort à propos pour sa gloire et pour la liberté ; mais elle le regretta bientôt : « Il fallait, dit-elle, un homme de cette force pour nous préserver des bandits. »

La guerre religieuse commença, le 6 et le 7 avril, dans quelques églises de Paris. Le fait est constat(j cyniquement par les Annales patriotiques du 9 avril : I

Des moines honteux, encore relégués dans leurs cloîtres et quelques béguines, en qualité de femmes dociles, imi tatrices de leurs amans tonsurés et porte-frocs, se soi

(i) Toujours la supposition du poison.

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