CHAPITRE X. IJj
avisés hier et avant-hier de donner de petites scènes de rébellion dans leurs églises. La foule s'y est transportée : les femmes étaient armées de verges ; elles ont fustii^é hors du temple quelques calotins et calotines possédés du démon de la contre-révolution, et les hommes ont beaucoup ri des grimaces de ces lutins flagellés. Cependant la garde nationale est accourue, et a fait rabattre les cotillons retroussés. La municipalité craignant que les fustigations publiques et trop répétées n'occasionnassent quelque scène plus fâcheuse, a mis fin par une proclamation à ces corrections populaires ; elle a ordonné que les églises des non nains seraient fermées au public et redeviendraient, suivant leur destination primitive, les oratoires privés des religieuses cloîtrées.
Dans la séance du 1 1 avril, l'Assemblée nationale s'occupa du traitement des ministres. Il était question d'allouer i5o mille francs à celui des affaires étrangères et i oo mille à chacun des autres. Quelques députés trouvèrent que c'était trop. Notre député bressan, le comte de Faucigny, appuya le projet avec une observation pittoresque. « II ne faut pas, dit-il, mettre ces places au rabais, car ell:sne serontpas très recherchées, depuis qu'elles offrent la perspective de la potence et du carcan.»
Le i8 avril, le roi, fatigué du séjour des Tuileries, voulut retourner à Saint-Cloud. Déjà sa mr.ison était partie et son diner y était préparé. Il