CHAPITRE X. l
colonies, s'était écrié ce dernier, plutôt que les principes qui font votre gloire, votre bonheur, votre liberté ! » Dès le lendemain les députés des colonies écrivirent à l'Assemblée qu'ils s'abstiendraient d'assister aux séances.
Le i6 mai et jours suivants, l'Assemblée décida que les membres d'une législature ne pourraient être élus de nouveau qu'après deux années. Les deux partis extrêmes étaient d'accord à cet égard : les monarchistes espéraient éliminer les ardents défenseurs de la Constitution, et les républicains comptaient que la nouvelle législature serait peuplée de Jacobins qui fonderaient un gouvernement démocratique. Le 29, on régla la convocation de nouveau Corps législatif. Un député devait être nommé pour 17,262 citoyens; de sorte que le département de l'Ain en eut six à élire.
Le décret du 29 fut apporté au procureur-général-syndic par un courrier extraordinaire, dans la nuit du 2 au 3 juin, et, le 3 juin, le Directoire de l'Ain, sur sa proposition, convoqua les assemblées primaires pour le 22 juin, et les électeurs qu'elles auraient nommés pour le 4 juillet, à l'effet d'élire I ^ six députés, 2° deux députés suppléants, 3° le président, l'accusateur public et le greffier du tribanal criminel, 4° deux haut-jurés de la haute cour
l36 QUATRIÈME ÉPOQUE.
nationale, 5° les administrateurs appelés à remplacer la moitié du Directoire. L'arrête de convocation ne manqua pas de recommander l'exactitude et le choix des citoyens les plus dignes de la confiance publique (i).
Des conseils analogues furent donnés par la Société des amis de la Constitution de Bourg, et par un citoyen de Bourg, dont les initiales J. M. C. sont celles de M. Jean-Marie-Clément Charrassin, avocat, père de Tancien maire de Bourg et de l'auteur du Dictionnaire des racines et déjHvés de la langue française.
Frères et amis, dirent les clubistes de Bourg, nous touchons à cet instant décisif, d'où dépend le succès de la Révolution'et le sort de la France. La Convention nationale {2) est sur le point de se dissoudre; et ses membres, couverts de gloire, vont rentrer dans leurs foyers. Ils ont détruit les abus, rétabli l'homme dans ses droits, régénéré toutes les parties de ce vaste empire, et ils mettent la dernière main à cette Constitution sublime, dont le plan est un chef-d'œuvre...
La Révolution est faite, il est vrai ; et la Constitution est appuyée sur les bases éternelles de la justice et de la vérité. Mais c'est par cela même qu'elle a besoin d'intré-
(i)/4rrc'/e du Directoire du département de l'Ain concernant la con- jj vocation des assemblées primaires et de l'assemblée électorale. — Du i] 3 juin lygi- Bourg, 1791, 6 p. in-4°. — Pli. L. D. J3
(2) On remarquera ce nom de Convention donné à l' Assemblée consti- j'i tuante. j-