CHAPITRE X., l
pides défenseurs, puisque longtemps encore elle aura pour ennemis implacables la classe nombreuse des ennemis de la justice et de la vérité.
Il faut donc, au timon des affaires, des mains vigoureuses, qui ne le laissent point vaciller ; il faut à la prochaine législature des hommes dont l'intégrité reconnue soit inaccessible r la séduction de la cour; dont le patriotisme ardent soit dans le coeur et non sur les lèvres ; dont le caractère ferme ne se plie point aux circonstances, mais sache leur commandei ; des hommes enfin dont les lumières répondent au patriotisme, dont le courage mâle puisse triompher des obstacles...
L'abbé Barquet, président^ DuMALLE et Brichon, sec7-étaires [t).
Mes chers Concitoyens, dit le citoyen J. M. C. (M. Charrassin), la Société des amis de la Constitution n'a pas pu tout vous dire par la voix de son président. Je vais essayer de le suppléer et de m'associer ainsi à sa gloire.
Oui, sans doute, Frères et Amis, il faut écarter soigv.eusement du corps électoral ces hommes ambitieux à qui t intrigue tient lieu de mérite; ces hommes faux qui cachent sous le masque du patriotisme^ une âme, je ne dirai pas vendue, mais vouée à l'aristocratie ; ces hommes prétendus pacifiques qui, tout en prêchant la paix, ce qui ne peut faire de mal, ne désirent que la guerre qui en feroit beaucoup. Ce sont là des monstres qu'il faut laisser consumer pa- leur propre fureur. Heureusement que ces individus pestiférés portent sur leurs figures les signes distinctifs de
(i) Adresse aux citoyens du département de l'Ain. 4 p. in-4». — Ph. L.D.
tne note en italique invite le président des assemblées primaires à lire cette adresse aux citoyens avant le scrutin.
Io8 QUATRIEME ÉPOQUE.
leur réprobation. Ils ne sont donc pas bien à plaindre, puisqu'on peut les comparer à ces lépreux dont la peau
virulente avertit de se préserver de la contagion Mais
ceux dont vous devez vous méfier..., ce sont ces êtres qui, conduits par le désespoir du mauvais état de leur fortune, détruite non par la Révolution, mais par leur inconduite, espérant la réparer par le désordre général, ne prêchent l'ér^alité que pour arriver au pillage, la liberté que pour porter à la licence; l'intolérance des opinions religieuses que pour se délecter dans la persécution ; ceux qui, aussi vils adulateurs du peuple, sous le nouveau régime, qu'ils l'étoient du trône sous l'ancien, flattent toutes les passions de la multitude, lui offrent sans cesse des rêves dictés par la mauvaise foi, et achètent honteusement une confiance fondée sur le charlatanisme et le mensonge... Bourg, ce 17 juin 1791.
Quelques jours avant, le 12 juin, un orateur encore plus dithyrambique, fit voter par la Société des amis de la Constitution de Trévoux la recomposition de rétat-major de Tarmée conformément aux principes constitutionnels et une souscription en faveur des gardes nationaux qui partiraient pour la défense du pays. Cet orateur, Jean-Marie ! Eustache, juge de paix et premier commissaire du| club, débuta par ces belles phrases : j
(i) Adresse d'un citoyen de Bourg à ses concitoyens pour faire suite celle qu'a dédiée à tout le département la Société Jes qjnis de la Constil tution de cette ville. In-8 de 16 pages. — Ph. L. D.