‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 75 sur 217 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Départ du roi et de la famille royale pour Montmédy, le 2 r juin i-yQr. AI. de Choiseul compromet les dispositions du marquis de Bouille. Le maître d: poste de Sainte-Ménehonld fait arrêter le roi à Varennes. Retour; brutalités de ic populace; assassinat du marquis de Dampierre. Réception sympathique à Chdlons. Nouveaux outrages, nouveau crime. Insolence de Pétion; Barnav; sauve les gardes-ducorps. Hait? à Meaux, bonté du roi et de la reine. Bentrée aux Tuileries: scène de sauvages. Frayeur de Robespierre. Décrets du 2 1 juin. L'arrestation du roi, ie 22, est connue à Bourg le 23. Proclamation fanfaronne de l'Assemblée nationale. Odieux attentats du peuple contre la fortune et la personne de M. de Chaponay.

Dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, ou plus exactement le 2 1 juin, entre minuit et une heure, la famille royale s'échappa clandestinement des Tuileries avec trois gardes-du-corps, costumés en courriers, MM. de Valory, de Malden et de Moutier.

Le roi, en habit gris et en perruque, se risqua le premier avec M. le comte de Valory. M'"^ Elisabeth sortit ensuite, au bras de M. Malden, puis la reine au bras de M. de Moutier. Ces princesses

étaient vêtues de robes simples et coiffées de larges chapeaux. Les gardes nationaux de service n''eurent pas le moindre soupçon. La reine passa même à peu de distance de M. de La Fayette et ne fut pas reconnue.

Déjà depuis une heure le dauphin et M™^ Royale étaient dans un fiacre sur la place du Carrousel avec leur gouvernante, M'"'= de Tourzel. Là, les augustes fugitifs montèrent en voiture, et, parvenus à la porte Saint-Martin, s'installèrent dans une grande berline à six chevaux, que le comte de Ferscn avait fait construire pour la circonstance et qu'il conduisit lui-même. M. de Valory partit à franc étrier pour commander le relais de Bondy. M. de Malden prit place sur le siège à côté de M. de Fersen. M. de Moutier suivit à cheval.

Pendant que le roi fuyait sur la route de Chalons. Monsieur (Louis XVIII) et Madame s'échappaient aussi de Paris et prenaient la route de Valenciennes,pour gagner Bruxellesqu'ils atteignirent sans obstacle.

A Bondy, une seconde voiture se joignit à celle du roi ; c'était un cabriolet à deux chevaux, contenant deux femmes attachées au service du dauphin et de sa sœur. Le colonel de Fersen ne devait pas aller plus loin; vainement il offrit de continuera route : le roi ne voulut pas abuser de son dévouement.

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