‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 76 sur 217 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le voyage fut heureux Jusqu'à Pont-de-Sommevelle, premier relais au-delà de Chàlons.

A ce relais, d'après les dispositions prises par le marquis de Bouille, devait se trouver le premier des six détachements, échelonnés sur la route dans le but apparent de protéger un convoi d'argent. Le chef de ce premier détachement devait prévenir les autres, dès qu'il serait averti lui-même de l'arrivée du roi. Il devait aussi prendre ses mesures pour barrer la route à tout émissaire de TAssemblée nationale ou de La Fayette.

Or, M. le duc de Choiseul, qui commandait quarante hussards à Pont-de-Sommevelle, et qui devait attendre toute la journée du 2 1, n'était plus jà son poste, quand ^l. de Valory arriva en courrier dans l'après-midi. A M. de Choiseul incombe donc la responsabilité première du triste dénouement de Varennes, non moins fatal à la France qu'au roi ; car si Louis XVI avait pu de Montjmédy rentrer à Paris avec pleins pouvoirs, la JFrance, au lieu d'être décapitée par la Terreur, îjaurait vécu sous un gouvernement paternel et libé- [jral, qui aurait gardé de la Constitution tout ce qui jetait compatible avec l'autorité nécessaire à la direction d'un État (1).

(1) La faute de M. de Choiseul lui a été nettement reprochée par M. Je maïquis de Bouille dans une lettre da 14 août iSoo. Mémoire du marquis m de, Houille (Comte Louis), 2' id'iùon, p. i5-. ^■r TouElI, 9

Après avoir vainement cherché M. de Choiseul M. de Valory fit préparer le relais, rendit compt( au roi de Pincident pendant qu'on changeait d( chevaux, et repartit en éclaireur.

A Sainte-Menehould , le marquis Dandoins attendait avec ses trente dragons; mais, faute d'ordres, il ne se trouva pas avec eux et avec U relais à Fentrée de la ville, comme il était convenu, de sorte qu'il fallut relayer à Tintérieur; a qui fournit au maître de poste, le fameux Drouet, l'occasion de jeter un coup d'œil dans la grande berline. Plus tard il s'est vanté d'avoir reconnu le roi à sa ressemblance avec une effigie d'assignat ; mais à peine soupçonna-t-il son identité, car il laissa partir les voitures. Ce fut après leur départ, lorsque M. Dandoins fit sonner le bouteselle, que l'on comprit que le roi venait de passer. Toute la ville s'émut; et l'homme tigre, selon l'expression de M. de Valory, offrit à la municipalité de monter à cheval, de poursuivre les fugitifs et de les arrêter à Glermont. Il partit en effet, pendant que les habitants faisaient boire les dragons et les empêchaient de seller leurs chevaux.

Un seul maréchal-des-logis, nommé Lagache. s'échappa et se dirigea sur Glermont pour instruira M. le comte de Damas de ce qui se passait. « I aperçut de loin le maître de poste, et se doutant d< ses funestes projets, il forma celui de lui ôter U

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