CHAPITRE PREMIER
Suivent quelques phrases sur « la belle constitution, fille de la raison et de la philosohpie. » Grâces à ces compliments qui touchaient la corde sensible, TAssemblée accueillit la requête. Près de quarante mille volumes furent réunis à Bourg et, sauf ceux restitués aux familles des suppliciés et émigrés, servirent à fonder la bibliothèque de Bourg, celle de la Société d'émulation et, plus tard avec les doubles, celle du grand séminaire. C'est donc à l'initiative de Thomas Riboud que nous devons l'existence de ces divers dépôts.
Les gardes nationaux de l'Ain, délégués à la Fédération de Paris, rentrèrent à Bourg le 3i juillet. Comme ils rapportaient la bannière nationale accordée au département, on leur fit une réception princière.
Une partie de la garde nationale, un détachement du régiment des chasseurs d'Alsace et la bj:igade de maréchaussée furent envoyés à leur rencontre, avec tambours et musique, jusqu'à une demi-lieue. La municipalité , le directoire du département et celui du district les attendaient £.u faubourg de Mâcon ; des salves d'artillerie anr.oncèrent leur approche, et le maire, M. Che- ^rier, leur adressa cette allocution claire et confise :
lO QUATRIÈME EPOQUE,
Nos CHERS Frères d'armes,
Nous venons, avec l'enthousiasme du patriotisme, vous féliciter de l'avantage dont vous venez de jouir.
Dignes Repre'sentans de notre département, vous venez de jurer, au nom de tous vos concitoyens, fidélité à la Nation, a la Loi et au Roi. Vos commettans de tous les départemens, vos frères d'armes de cette cité, qui se sont pénétrés de la grandeur de votre mission, ne vous ont jamais perdus de vue, malgré l'espace qui nous séparoit. Ils vous diront, ils vous répéteront sans cesse que le même jour, 14 juillet, à la même heure de midi, nous avons tous réuni, avec le zèle le plus patriotique, nos coeurs, nos sermens aux vôtres, pour promettre fidélité à la Nation et AU Roi, et dévouement absolu au service de la patrie.
Vous ne trouverez donc. Braves Camarades, en rentrant dans vos foyers, que des frères d'armes empressés à vous y recevoir et à apprendre de votre bouche les détails de la Fédération générale que vous venez de cimenter en leur nom. Vous verrez qu'ils sont, ainsi que vous, persuadés qu'elle doit nous procurer les jours les plus sereins, consolider et maintenir parmi nous cette vraie liberté et cette tranquillité que nous avons jusqu'à présent dues, autant à l'activité et aux bons services de nos Gardes nationales, qu'à l'amour du bien public qui caractérise d'une manière si distinguée les citoyens de cette contrée.
Rentrez donc, avec confiance, dans une cité où vous ne trouverez que des frères qui, animés du patriotisme le plus pur, ne sont occupés que des moyens de vous prouver la douce émotion qu'ils éprouvent à vous revoir, et leur allégresse de votre heureuse arrivée.
Après ce discours, le cortège se mit en marche