‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 9 sur 217 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

avec les députés fédérés, au son des tambours et de la musique militaire, et se rendit sur la place d'armes. Là, sous la bannière tenue pariM. Dufour, plus ancien d'âge, le président du département, M. Rubat, prononça un discours dithyrambiqu2 dont nous ne citerons que les deux pompeuses périodes du début :

GÉNÉREUX Défenseurs de la liberté française, vous qui, parmi les vrais Patriotes de ce département, avez été choisis comme les plus dignes de partager les honneurs du triomphe national, et de nous en transmettre l'enseigne glorieuse; recevez aujourd'hui, sous ce drapeau sacré dont la Loi nous rend dépositaires, Thommage'public si justement acquis par votre fermeté et votre attachement à la Constitution.

Il tardoit à notre impatience de célébrer votre retour honorable, et de faire éclater sous vos yeux cette joie pure et fraternelle qui nous anime tous, et dont vous avez déjà vu l'expression se porter de toutes parts au devant de vous ; sentimens naturels à des compatriotes qui partagent au p'.us haut degré l'énergie de vos âmes, et qui sont disposes comme vous à tous les sacrifices que peut exiger la cause glorieuse de la liberté.

Le discours terminé, on rompit les rangs. AL Dandelin, commandant de la garde nationale, fi: accompagner la bannière, qui fut placée à la principale fenêtre de l'hôtel du département, et le soir, il y eut illumination.

Le lendemain, i" août, les délégués rendirent

visite aux administrateurs du département et leur demandèrent T autorisation de porter la bannière à la messe militaire. De là ils allèrent, escortés comme la veille, à Téglise de Notre-Dame, oia un Te Deum fut chanté après la messe.

A deux heures, le cortège se dirigea vers le jardin de M. Duport de Loriol, où était préparé un repas civique.

La gaieté la plus franche, dit le compte-rendu, et les témoignages d'une amitié vraiment fraternelle, se sont manifestés pendant le repas où ont été portées trois santés pour la Nation, la Loi et le Roi, annoncées successivement par des salves d'artillerie, et terminées par des applaudissemens, des cris d'allégresse, et par le son des tambours et de la musique (i).

(i) Extrait du procès-verbal de l'Assemblée administrative du département de l'Ain, concernant le dépôt de la Bannière. Bourg, 1790 12 p. in-4'>. -- Recueil Riboud à la bibliothèque de Bourg.

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