‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 91 sur 217 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Non contente de dépouiller Louis XVI de tous ses droits, de toutes les fonctions de la royauté, l'Assemblée nationale, lui infligea encore Thumiliation de rendre compte de sa conduite à des commissaires. Tel fut l'objet du décret qu'elle vota le 26 juin, à dix heures du matin ; et, le jour même, les trois commissaires Tronchet, Duport et d'André reçurent la déclaration du roi, puis le lendemain celle de la reine.

Tant d'audace et de mépris de la royauté indigna les royalistes de l'Assemblée. Le 29 juin, ils publièrent leurs griefs contre les décrets qui portaient atteinte à l'autorité du roi et à l'inviolabilité de sa personne sacrée.

Le roi, dirent-ils, et la famille royale traités en prisonniers par l'Assemble'e nationale ; le monarque gardé dans son palais par des soldats qui ne sont pointa ses ordres; la famille royale confiée à une garde sur laquelle le roi n'a £.acun pouvoir ; le droit de présider à l'éducation de l'héritier présomptif du trône, enlevé à celui qui, en qualité ce père et de roi, avait le droit le plus certain et l'obligation la plus étroite de la diriger; enfin le monarque, dont l'inviolabilité était prononcée, même par la nouvelle Constitution, suspendu par un décret de l'exercice de son autorité. Voilà le spectacle déchirant sur lequel nous gémissons avec tous les bons Français...

Puis, développant les funestes conséquences de cette situation, ils conclurent par ces mots : Nous plaçons notre unique honneur, notre devoir le

plus sacré, à défendre de toutes nos forces, de tout notre amour pour le sang des Bourbons, de tout notre attachement aux principes que nos commettants nous ont transmis, les intérêts du roi et de la famille royale, et leurs droits imprescriptibles.

Nous continuerons donc, parle seul motif de ne point abandonner les intérêts de la personne du roi et de la famille royale, d'assister aux délibérations de l'Assemblée nationale ; mais, ne pouvant ni avouer ses principes ni reconnaître la légalité de ces décrets, nous ne prendrons dorénavant aucune part aux délibérations qui n'auront pas pour objet les seuls intérêts qui nous restent à défendre (1).

Cette pièce fut signée par deux cent quatre-vingtdix députés, dont six de nos provinces, savoir : MM, Giieidan et Bottex^ députés du clergé de Bresse, — M. Lousmeau-Dupont^ député du clergé de Dombes, — M. Rouph de Var^icourt^ député du clergé du pays de Gex, — M. le comte de Faucigny-Liicinge^ député suppléant de la noblesse de Bresse, — et M. de Vincent de Panette^ député de la noblesse de Dombes.

M. le marquis de Foucauld prit la parole dans la séance du 5 juillet pour lire cette protestation; mais, de? les premiers mots, il fut interrompu par de telles clameurs qu'il fallut passer à l'ordre du jour. C'est ainsi que procèdent les majorités quand la vérité leur déplaît.

(i) Bûchez et Roux. Histoire parlementaire de la Révolution/rançaise t. X. p. -i33.

mm; CHAPITRE III

Levée d'auxiliaires, répartition du contingent de l'Ain. — Mandement contre l'évêqve constitutionnel de Belley. — La République d'après Carra. — Notre compatriote Mickaud. fondateur de la Quotidienne, libéral et sceptique dans sa jeunesse ; ses vers sur Franklin ; son Vojage littéraire au Mont-Blanc. — Barnave défend le principe delà monarchie et l'inviolabilité du roi; son discours du 1 5 juillet jygi est imprimé à Bourg-.

Un décret du 26 mai avait ordonné la levée de cent mille auxiliaires destinés à compléter Farmée de terre et de mer ; le département de TAin devait fournir 1,800 hommes. Le 2 juillet, le Directoire fixa comme il suit la répartition du contingent départemental entre les neuf districts, en proportion de leur population :

District de Bourg 36o auxiliaires.

District de Pont-de-Yaux 190 —

District de Châtillon 1 5o —

District de Montluel i5o —

District de Trévoux 180 —

District de Belley 240 —

District de Saint-Rambert . . . 200 —

District de Nantua 180 —

District de Gex i5o —

Total égal i ,800 auxiliaires.

lyS CINQUIÈME ÉPOQUE.

Les Directoires de districts, ajoutait Tarrêté. donneront de nouvelles preuves de leur patriotisme, en prenant les mesures les plus promptes et en expliquant aux citoyens :

Que la levée des auxiliaires n'a aucun rapport avec celh des milices puisque l'une était forcée et que l'autre est vo lontaire ;

Que celle-ci, loin d'être une imposition personnel^ comme la milice, offre au contraire une ressource utile i tous ceux qui voudront servir ;

Que la solde des auxiliaires, re'pandue dans les campagnes, ne peut qu'être avantageuse aux habitants surtou puisqu'on n'exige des auxiliaires que de se présenter tou: les six mois, et que lès engagements sont à terme trè court ;

Que les auxiliaires contribueront à la sûreté et à la tran quillité du département, et qu'ils ne seront tirés de leur foyers qu'au moment où les besoins de l'État exigeron leur service pour sa défense (i).

Le 7 juillet 1 79 1 , un mandement, daté de Cham béry, fut lancé contre Févêque constitutionnel e les prêtres assermentés du diocèse de Belley, pai M. de Mesnard, vicaire général de ce diocèse nommé à la mort de Mgr de Quincey, par Tarchevêque de Besançon, en sa qualité de métropolitain.

Ce document, peu connu sans doute puisqu'i

(i) Levée d'auxiliaires, ms. de 4 p. in-folio. — Ph. L. D.

Page 1