‹ Histoire de la révolution dans l'AinChapitre 93 sur 217 · CHAPITRE III, l8l · texte numérisé non relu

CHAPITRE III, l8l

ses diocésains, il appelle leur attention sur Tétat douloureux de la France :

Et vous, leur dit-il, fidèles de tous les âges, de tous les ordres, qui auriez pu vous laisser égarer par les apparences trompeuses qui vous ont été présentées d'une régénération future, jetez vos regards en arrière ; voyez d'où vous êtes partis, à quel point vous êtes arrivés, et jugez par vousmêmes à quel excès de malheur vous êtes parvenus : voyez le Trône et l'Empire tellement ébranlés qu'ils sont à deux doigts de leur perte ; voyez votre Roi obligé de fuir du milieu de sa capitale, où il est indignement retenu prisonnier, de fuir pour chercher des vengeurs contre ses infidèles sujets ; voyez la prestation respectable du serment profanée, employée à consacrer les actes de l'iniquité enfantés par votre prétendue Assemblée nationale ; voyez la religion déshonorée, son vrai culte poursuivi, comme l'auroit pu être le retour du culte des idoles....

A Dieu ne plaise que je vous invite à venger, par le sang, les malheurs de l'empire et de la religion ; nous n'avons hélas 1 que trop de larmes à répandre sur les fureurs auxquelles s'est livrée la France depuis deux ans; mais faites une justice exemplaire des tigres qui vous ont égarés ; livrez-les à la honte, à l'infamie, et que le mépris universel soit la peine due à leur monstrueuse ingratitude.

Ces paroles amènent naturellement la conclusion fulminatoire :

A CES CAUSES, le saint nom de Dieu invoqué, considérant... qu'aucun successeur légitime n'a été donné à Mgr Gabriel Courtois de Quincey, mais qu'au contraire, il s'est présenté dans ce diocèse un prétendu évêque Tome II. ii

l82 CINQUIÈME ÉPOQUE.

nommé le sieur Jean-Baptiste Royer qui, sous les apparences trompeuses d'un vrai pasteur, vient porter le trouble dans les consciences, propager une doctrine cdndamne'e par l'Église et s'arroger des droits qui n'appartiennent qu'à un e'vêque canoniquement et le'gitimement institué ;

Nous déclarons : i<» que vous ne pouvez reconnoître, pour votre légitime évêque, le sieur Jean Baptiste-Royer. . . , que vous ne pouvez avoir de légitime pasteur que celui qui sera en communion avec l'Église catholique et N. S. P. le pape.

2" Que tous les pouvoirs donnés par ledit sieur Jean- Baptiste Royer et ses prétendus vicaires, sont nuls...

3° Ordonnons à tous prêtres de ce diocèse, de se retirer de sa communion, sans quoi ils seroient dans le cas d'excommunication...

4» Déclarons que tous prêtres séculiers ou réguliers

qui ne se rétracteroient pas d'une manière publique dans l'espace de huit jours, seront suspens ipso facto de toutes les fonctions de leur ordre; déclarons tous les actes par eux faits ou à faire nuls et de toutes nullités, excepté les absolutions qu'ils pourroient donner in articulo mortis.

5» Déclarons toutes personnes quelconques, qui persisteroient à s'adresser à de pareils prêtres pour des actes religieux, coupables de schisme.

6o Interdisons, du jour de la publication du présent mandement, l'église cathédrale, et défendons à tous prêtres sécuHers ou réguliers d'y célébrer le saint sacrifice de la messe (i)...

(0 Mandement de révârendissime Char les- Jules-Renée de Mesnard, abbé commendataire de l'abbaye royale de Saint-André du Jeaux, vicaire général du diocèse de Belley. Chambéry, 1791, 4p. in-4», texte serré. — - Ph, L. D.

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