CHAPITRE III
rouge! à bas les baïonnettes! crièrent les séditieux, et en même temps les grenadiers furent assaillis d'une grêle de pierres. La Fayette alors, sur l'ordre de Bailly, commanda le feu, et une centaine de ces rebelles tombèrent morts ou blessés.
A la fin de son discours, Barnave avait exhorté ses collègues à la modération en leur disant avec sagesse qu'ils avaient assez détruit les abus du pouvoir et qu'ils ne devaient pas aller plus loin pour le bonheur de la France :
Aujourd'hui, Messieurs, dit-il, tout le monde doit sentir que l'intérêt commun est que la re'volution s'arrête. Ceux qui ont perdu doivent s'apercevoir qu'il est impossible de la faire re'trograder, et qu'il ne s'agit plus que de la fixer. Ceux qui l'ont faite et qui l'ont voulue doivent apercevoir qu'elle est à son dernier terme, que le bonheur de leur patrie, comme leur gloire, exige qu'elle ne se continue pas plus longtemps. Tous ont un même intérêt : les rois euxmêmes doivent apercevoir.., que si nous nous arrêtons- là, ils sont encore rois...; que, s'ils ne veulent pas sacrifiera de vaines espérances la réalité de leurs intérêts, la terminaison de la révolution de la Nation française est aussi ce qui leur convient le mieux ( i ).
Ce discours répondait sans doute à la pensée dominante de notre pays, car il fut imprimé à Bourg par Philipon avec un certain lu.xe.
(t) Opinion de M. Barnave, prononcée à la séance c^u j5 juillet. Bourg. 1791. 20 p. in-v». — Ph. L. D.