CHAPITRE IV
Fausse prévision de Carra. — Le m3'stère des droits féodaux par M. Michallet, feudiste à Trévoux. — Lettres de la Société des Amis de la Constitution de Bourg aux Feuillants et aux Jacobins; circulaire aux Frères et Amis signée par Désistes, président. — Installation du Directoire de l'Ain et du District de Bourg à l'hôtel de la Province.— L'évéque de CAin, Royer, au club des Jacobins. — L'Artiste patriote ou la Vente des biens nationaux, comédie par M. Dupuis, de Bourg en Bresse, jouée à Paris, le i" août lygr. — Produit de la vente des biens nationaux dans l'Ain. — Convocation des volontaires de la Garde nationale.
Carra, dans son outrecuidance de journaliste, se croyait de force à bouleverser l'Europe \ il ne demandait que cinquante mille hommes, douze presses, des imprimeurs et du papier pour soulever tous les peuples de TAllemagne. Le retour de Varennes l'avait comblé de joie :
Quel coup de foudre, s'était-il écrié, pour l'hypocrite Léopold, pour l'insolente Christine d'Autriche et pour tDus les ex-princes fugitifs, quand ils auront appris l'arres- / tation de Louis XVI ! C'est bien là sans doute un coup de / cette providence qui nous a tant favorisés, et qui médite /avec tant de succès la destruction des tyrans! Croyez-/ vous maintenant que les Autrichiens oseront nous attaquer et que Léopold pourra compter sur le roi de Prusse (i)?... /
( i) Annales patriotiques. ?8 ii'i" i ~') î • '
Ces forfanteries furent bientôt démenties par les faits. Dès le 6 juillet 1791, Léopold II invite les principaux souverains à se joindre à lui pour déclarer : qu^ils regardaient tous la cause du roi très chrétien comme la leur propre; — qu'ils entendaient que le prince et sa famille fussent mis en pleine liberté-, ^- qu'ils ne reconnaîtraient comme lois constitutionnelles, légitimement établies en France, que celles qui seraient munies du consentement volontaire du roi, jouissant d'une liberté parfaite ; — et qu'ils emploieraient de concert tous les moyens possibles pour faire cesser le scandale d'une usurpation de pouvoirs, qui porterait le caractère de révolte ouverte et donnerait à l'Europe le plus funeste exemple.
Cet appel de Léopold, en faveur du rétablissement de l'autorité royale en France, amena le traité préliminaire d'alliance entre les cours de Vienne et de Berlin, qui fut signé à Vienne le 25 juillet 1791 . Léopold le ratifia le 7 février 1792, et sa mort, survenue le j^^ mars, différa peu la guerre entre la France et l'Autriche , car elle fut déclarée le 20 avril.
Les droits féodaux ne furent pas tous supprimés dans la nuit du 4 août 1789, nous l'avons vu au chapitre VI de la Troisième Époque, et nous