partie des forces qu’elle éntrclenait sur le Bbin
La Bretagne et la V endée se présentaient naturel-
• Icmcul comme le théâtre de cette future entre- ' -
■88 ■ iiTBB sçryiiitE.'— T CHAP. iii.
prise; et, loin que la pacification, y ffit ùn obstacle, comme nous l’avons dit , le cabinet anglais'' et l’émigration n’y virent qu’un moyen de tromper leurs adversaires et de les surprendre. ’ .
Une première expédition de débarquement se forma donc dans 1e courant du mois de mai4795 ( floréal an III) , h Jersey et. dans .les ports do Porstmouth , et de Soulhampton , avec le projet ' de se porter sur les côtes dé la Bretagne aussitôt . que le moment en serait favorable. MAT. de Tintênïac et de Bothrel , ancien .procureur-général syndic des États de Bretagne, furent particulière- ; ment chargés des relations entre les chefs de l’intérieur et ceux de l’émigration; Tous deux s’étaient trouvés à Rennes au moment des cenfé-r. ronces de la Alabilais; mais sans y prendre une part directe; et si l’un d’eux, de Tinteniac, vint ! s’asseoir en babit de paysan h la table où les chef» de chouans' et les représentants se réunirent le jour de la signature, ce no fut que pour suivre de, plus près tous les détails de cettte scène et en rendre un compte fidèle de l’aulrê côté de la Alanche (1). Quoi qu'il èn soit de la mission du
(1) Le représentant' Guczno, qui nous a rapporté ces détails, nous a plusieurs fois dit .qu’en .apercevant de
Ï,A BÉVOtUTIOR EN BRETAGNE. 89
chevalier de Tinteniac ou de tout aulre , laut esl-
il J comme nous l’avons dit , qu’un îhois à peine
s’ëtait écoulé depuis la soumission des chouans à la Mabilais, que. déjà les^hoslililéâ avaient été reprises sur tous les points.- ' .
Une division forte de deux vaisseaux de ligne , quatre frégates, hyit coVveltes ou canonnières, sous les Ordres du commodore sir John W aren, sê trouva bientôt prête et particulièrement chargée d’appuyer le débarquement ([ui vouait d être irrévocablement fixé. Trois di\isions ou corps, d’opération devaient sê succéder et* porter sur nos côtes l’émigration en masse et le matériel con- ■sidérable que f Angleterre consacra à cette entre-
Tintcninc assis à table <) côié de lui le jour de la pacifteâtion, il s’étonna beaircoûp de voir cette nouvelle figure parmi les chefs qui s'élaienl réunis pour fraterniser avec les républicains, et qu’un- instant, liii^ et plusieurs de scs collègues, eurent l idéc de s'informer, particulièrement de sa personne. Mais le chevalier de Tinteniac, qui ' Tecounut Gueano pour être du même pays que lui (du Firfistère), adressa la, parole en breton au représentant, ^ et aplanit ainsi les difficulté^ et les soupçons qui allaient s’élever sur sa présciicc et son arrivée très-récento d’Angleterre, où- il retourna aussitôt après la signature des actes de la Mabilais. " " . -
90 LITRE SEBVlkME..— CHAP. III.
prise. Cent batiments de transport portant 6,000 bomines'de''débarqucmeiit , 27,000 fusils et les ëqûijpcments nécessaires' ponr un corps de 20 h 30,000 hoiïimes , formèrent la première de ces Lxpédili'oiis sous les ordres du générai en. chef de Puisaye. Elle se trouva sous voile le 16 juin 1795 ( 28 prairial an III). Une frégate anglaise, la Ga- Intée ^ ayant à son bord MM. de Tinleniac et Diu bois-Bertbelol , destinés à commander deux'divisiohs de l’armée d’opération, avait appareillé quelques jours auparavant qvec la mission, d’atteindre rapidement les côtes du Morbihan", afin que. ces deux gentilshommes- pussent s’entendre avec les chefs dû pays, leur remettre les munitions elles armés que la frégate avait à son bord , et préparer ainsi le débarquement de Puisaye et du copimodore W areu, licnconlrée par les vaisseaux de la , division françaisç du contre-amiral Ÿence, qui arrivait en métAe temps qu’elle dans les eaux de .13elle-Isle-, la Galatee fnt un instant inquiétée dans sa marche. Mais une partie des forces de l’amiral Bridport, qui naviguait dans les eaux d’Ouessanl, venait ,‘ sur .l’avis que cet amiral avait' reçu delà Gcdaéëe à son passage d’Anglolerre, de se porter vers les côtés du Morbihan, pour y protéger l’expédition de Waren. Ces forces pogr-
• IA’ BÉrOWTIOÎT BH BRETAGKE. 91
saivlrent h leur tour Yence et le convoj qu’il cs^
cortait : le conlreramiral français se trouva bloqué
•sous les foHs de Belle-Isle, 'et la. Galatée put exécuter en toute llbe<*té l’objet de sa mission.
Waren et Ptiisaye étaient alors partis des ports de rAn"leterre , et leur arrivée allait être favorisée par un nouvel événement de mer que nous
no rapporterons pas dans ses détails^ mais qpe
nous devons cependant mentionner avec quelque
étendue. ^ ’ ....
Un aviso avait été détaché de .J’escadre de Vencc, cl il avait proipplemcnl fait connaître à 'Brest et sur toute la côte la position critique où il se trouvait. — Un arrêté des représentants Topseut et 'Champeaux , décida’ iininédiatemeiil -la sortie .do Viilaret de Brest, avec 9 vaisseaux, * et 8 frégates. Le représentant Topseut s’embarqua avec l’amiral, et arrivant promptement h la haufe'iir de'BelIc-Islc , ils eurent coniiaissance.de
la division anglaise qui observait le coiitrc^amiral Vencê , ayant sous' ses ordres 3 vaisseaux et 2 frégates. VSHarct, qui était supérieur à rennerai, manœuvra en vue de le déterminer au combat ; mais celui-ci, sans prendre une fuite précipitée, attira Viilaret dans l’Ouest. L’amiral français, qui 'pôursuivait son adversaire à toutes voiles, ne
92 ^ LIVRE nEDVibME. CHAP. III. ,
larda point à reconnaître qu’il allait avoir à combattre d'autres vaisseaux que ceux qu’il avait rencontrés. Dans la s'oirée du 29 prairial ^ les bAlb ments légers et les vedettes, de la flotte signalèrent à l’Ouest de- nombreux et de forts bâtiments avec lesquels les vaisseaux poursuivis ne lardèrent point à faire leur jonction. .'G’élait l’a- ' mirai anglais Bridport ralliant les forces qu’il avait précédemment détachées vers Quiberoti et Belle-Isle. Un instant Villarel eut l’espoir de rentrer- à Brest , mais un coup de vent l’écarta* de la rade d’.Viidiern'e qu’il avait déjà atteinte , et le força le 5 messidor au malin , à accepter le combat en’ se rapprochant de Lorient. 'Viliaret n’avait que douze vaisseaux J, l’amiral anglais e'n comptait dix-sept. L’affaire s’engagea vers 10 heures du matin et se soutint avec un -égal acharnement des, deux côtés pendant plus de deux heures. Mais ièi, comme au 13 prairial, Viliaret ne* fut. point convenablement secondé par l’habiletë de ses capitaines et , coupé sur plusieurs points de sa ligne , il se trouva forcé d'abandonner trois de ses vaisseaux,’ X Alexandre, le Tigre et le Formidable ^ iiOnX le dernier 'prit feu peu après l’ouverture du combat.
* Sa rentrée à Lorient fut la conséq'uence' immé-
LA BÊVOLCTION BH BBBTAGKB.'
diale de ce dësaslre. U* s’y trouva avec les débris réunis de sa flolle,et le Beprésenlant Topsent, qui y dès sa' misé h terre, songea à prendre contre les ofliciérs auxquels on attribuait celle nouvelle défaite , les mesures de rigueur que l’on avait également exercées contre les capitaines qui passèrent pour n’avoir pas fait leur -devoir dans le combat du 13 prairial (1).
(l) Revcnanti ici, à l'occasion dti cambat du 5 messidor, sur ce que nous avons dit dcs désordreV et de ^insubordination qui justifièrent en quelque sorte les terribles rigueurs de P<ieur et de Jean-Bon-Saint-André,- à. l'égard-' de la marine, nous croyojis ne pouvoir mieux faire que de rapporter la lettre que Thirat, commandant d'armes à Brest , écrivait le 25 messidor an 111, à son collègue • de Lorient , au su jet des événements du *5. ,<r Les gé-
'» néraux Vaultier, Bouvet, Niclly et le major-général » Briux sont partis ce matin pour lo conseil qui doit se ir tenir dans ton port, -relativement à 1 affaire du 5 de ce » mois. <11 c'st bien urgent que l'ignorance, l'ineptie et » l'insubordination^ soient punies, et je répéterai sans » cesse qu'il est absolument nécessaire qu'on fasse des . » cxemples,et qu’on élague tous les sujets ignares qu'i- » ejatehdent. plutôt la partie de- l’agiotage que, les >y devoirs' de leur état. Tu ne peux te faire une idée ■» comme depuis quelque temps on voit daus cette ville I) des femmes de militaires, capitaines de vaisseaux et
94 IIVBE — CHAP. III. .
, . Mais pendant que les rëpiibiicains, sous le coup de CO nouveau revers, cl di^jà justement alarmés -des prochaines tculativcs de l’Angleterre et chi 1 émigration , se préoccupent de la situation si difficile' et si malheureuse du pays,, revenons à ‘l’expédition de Puisaye et de VV’^aren, que deux v âiitres expéditions, l’une commandée par le jeune comte de Somhrcuil', l’autre par le comte d’Artois, en personne devaient suivre de près. Cinq jqurs 'de traversée avaient sulli-à Waren pour arriver de àouthampton h Quiberon. Il se trouva en vue "du Morbihan le 26 juin (8 messidor), et les si-'
• gnaqx dç Tinleniac çl de Duhois-Berthelot ,..qui étaient à terre, leur ayant bientôt appris qu’ils seraient accueillis sur la plage, la joie et l’enivrement furent portés d’autant plus loin que le ré-^sultat du combat maritime du 5 avait causé chez les populations du Morbihan une effervescence que les' républicains senlblaicnl ne devoir plus comprimer. '■ . ' • , . • . . ' • •
Le .27 juin au matin (9 nressidor) tonte l’antiée ' d’opéi'atîon avait fait les dispositions nécessaires
» autres, courir les rues avec (les paquets sons- 1e bras , » allant cfiez les uns et les autres offri;' leurs mareban-, P dises (objets provenant dp prises). J'ai en vérité le cœur » navré de tant de vilainies. o -
Ih. BÊV0LDTI05 EB BBEtAe^B.
pour gagner la plage. Les embarcations légères eL les péniches claient h l’eau; Puisaye et le. comte (l’ilervilly SC t rom aient clans le canot du commodore \V arcn et diri"oaient avec lui l’inir
portante opération du débarquement. La baie de Carnac, avait été jugée -coniine le point le plus
favorable au débarcpiemenl , et les t coupés de
l’émigration s’y portaient h force de r.lmes , quand une faible colonne^ de républicains ', descendant du bourg de Carnac , essaya de s’opposer aux intentions de l’ennemi. Mais le feu soutenu de six chaloupes canonnières qui protégoaient le*débarquement , les forcèrent à se retirer. — Presque au meme moment d’ailleurs, la fusillade s’engageait sur leurs derrières.: C’étaient d’Allègrc , Georges 'et Mercier (dit la Vendée), qui se trouvaient aux prises avec les faibles garnisons d’Auray et de Landevant, eu débouchant dans la presqu’île pour faire leur jonction avec les émigrés et les troupes de débarquement (I). Une
(1) Celle joiiclion, d'après les écrivains rovalislcs, ‘avail élé comltinéc à l’avance par l'aiTivée de MM. d’Atlègre cl Dubüis-Berllielol'à Grand-Champ, le 20 mai (l." prairial). Le conseil du Morbihan, qui fut dispersé après les rcncoulrcs do Grand-Champ et de Camors, avait