‹ Histoire de la révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne ouvrage composé sur des documents inéditsChapitre 13 sur 35 · iivBb REtirrÈMB. — chap.-iû · texte numérisé non relu

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foule innombrable de chouans et de paysans se. « trouvèrent bientôt mêlés aux nouveaux défenseurs de la cause royâle que l’Angleterre venait ainsi de déposer sur nos plages. L’élan et i’enlbousiasme , d’après ce que disent les écrivains de

• reçu de CCS Messieurs âvis du prochain débarquement' de Quiberon ; et si,, d'une part, 'comme la chose pa~ raît exacte , les mouvcmcnt’s qui donnèrent l'éveil aux républicains eurent lieu en conséquence de celle com- ' municatioii, le conseil , à ce qu il parait, envoya simultanément vers de Scepeaux , Stofilet et Charetle , l'abbé . ' : Guillo pour s'informer de Icùrs dispos'uions et les sol-

* li.eiler à reprendre les armes , afin de^ faire diversion •. au débarquement de Puisaye. Mais celui-ci établit dans^ scs mémoires, que Slolllet, Chai elle et mémo- de Secpeaux , sous l'influence des agents de Paris et de la faction de Louis XVIII, cédèrent aux suggestions malveillantes qui présentaient la coopération' de l'Angletorrc comme une perfidie , et -ne voulurent rien traiter en sa. faveur , par jalousie et par prévention. De Sçepeaux| seul, mais trop lard , se décida à reprendre les bosti- . lités. Il le fil par nn manifeste , daté du 22 juillet 1795 - (4 thermidor) , c’est-à-dire du lendemain de l'afliiirc de Quiberon.’ — Gctte pièce relatant, toutefois , les griefs ' du parti royaliste dans ces circonstances, nous croyons devoir la publier tczlucllemepi , so'uslc n.° 56 des pièces ' ju'slificatiyesr -v

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celfe cause, furent toiif h f:.il remarquables, et en. voyant les femmes et les enfants se jeter an devant des embarcations , s avancer dans la mer . jusqu aux aisselles pour y prendi’e les munitions et jes ai-mes que les nouveaux . débarqués leur ' ^apportaient, nous;concevons qu’il dut so inani-' fester parmi ces masses , si long-temps fatiguées . du dur régime des réquisitions , un transport • iriaccoutnmé d’ardeur militaire et de. haine, qui leur lit croire à un avenir et à des succès meilleurs. lout dut rendre, en effet , cette scène grande et palpitante d’intérét. C’était d’une part , treorges et les derniers restes des- combattants de la Veiidée et do la chouannerie.; de l’autre, tout ce que l’émigration avait de haut et d’ëlevé , tout ce qu’elle avait do titré , les Goulaine, les Saint, Aulaire, les La llochefoucault, leslîeauvilliers, les fouquet , les Chevreusc , les d’Avaray , les Là-. moignon , etc. , etc. ; et, au milieu de celle foule, une légion complète d’ecclésiastiques, à la tête desquels était l’éyèquc de Dol, René de llersé, qu’une bulle avait revêtu du titre de primat, comme SI Dieu et lé saint ^iége devaient avoir leur représentant dahs cette affaire.’ — Etrangé et ' grave journée, pour celui qui connaît le pays et ^Voit avec la mer et son horizon fuyant ces lou-

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^gues dunes de sable à l’abri desquelles Nim- * gratioii crut reconquérir le trâne de France!' Mais grande et sublime 'journée- aussi pour qui' put suivre cette foule forte et dévouée >qui, la *• face à terre , reçut la bénédiction de l’évéque et - entendit proclamer , avec.le saint nom de Dieu ,

. 'celui du roi nouveau que la mort du jeune enfant détemi au temple venait de désigner à la epprpnne de' France • — .Mais la prudence et les .

sages prévisions guideront-elles les hommes agités ■ par ces énioiions, et qui touchaient en tremblant le sol natal abandonné depuis 'plusieurs

• • ’ • années. • '

Lés troupes de. débarquement se trouvèrent, dans peu d’hepres rangée; sur la plage. Le village de la Genèse'îvX désigné pour quartier^ général, et les corps d^à organisés, ainsi que les . chouans , qui avaient fait leur jonction, présentant , dès ce moment, tine massé de 15 à 16,()00 hçmmes ^ se répartirent dans les hanieaux et les villages voisins de Garnac. Le lendemain 28 juin '(10 messidor), après avoir purifié les églises, élevé des^ autels, provisoires , chanté des messes et des Tè.Deum , on reprit les opérations mifitaires;'et l’armée insurgée , ayant été en trois divisions , sous les . .ordres de

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, Vauban , de Tinteiiiac et de Dubois-Berthelot , se porta en avant , afin de’ pénétrer dans l’intérieur du pays et d’y organiser la coiitrc-révolutlon. Des renforts considérables , qui arrivèrent successivement à chacune de ces colonnes , en élevèrent le nombre et la force , au point que tout céda devant elles. Auray et Landevant, sur les deux ailes, furent immédiatement occupées par MM.

Dubois-Berthelot et de Tinteniac; et M. de Vauban , qui avait en même temps pris position à Mendon , gros village à égale distance des points occupés par les deux premières colonnes, se trouva retranché avec 14,000 hommes, auxquels il fit distribuer les équipements et les armes nécessaires.

Ainsi que le font observer avec raison les écrivains royalistes , l’alarme dut être grande parmi •les républicains, et nous pouvons d’autant moins en douter , que l’administration départementale du Morbihan s^occupa sans 'délai du transfert ' de ses archives à Ploè’rinel, et que, sur un autre point, les autorités d’Hennebont se replièrent sur Lorient, où les deux districts du Faoub't et de Rostrenen, eurent également l’ordre de se porter en cas d’urgence. Mais, comme on le pense bien cependant , ce ne furent point là les seules .

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mesures prises pnr les républicains : apprécions-les.

Le triste et fôchcux résultat ''de la. journée maritime du 5 messidor avait promptement , appelé à Lorient les deux représentants Gnezno et Guermeur , qui ; s’^étaient rendus momentanément à; . 'Quimperlépour y réorganiser les administrations.;.

Le 7 messidor ils se trouvèrent à Lorient réunis"

-à leurs collègues Brue et Topsent , Fun venu de 'Y annes , l’autre débarqué de la flotte de Yillaret'. Leur premier soin fut de former une réuniop générale des commandants militaires, et des 'au» ■torités loQales- dans le 'but d’aviser aux moyens de défense, exigés par les circonstances. Dès le lendemain, 8 messidor,, le général Josnet reçut l'ordre dç^ marcher sur Hennebont ; le 9 , en' conséquence de, nouveaux ordres, . lés généraux .Chabot et Yalletaux se dirigèrent de Brest et de Pôrt-Brienc , l’un snr Henneboot , l’autre sur ^ • Pontivy. Un courrier est. aussi expédié ‘-au général en chef pour qu’il ait à se porter rapidement sur le Morbihan; et chacun des cinq dé» ' partements de la Bretagne, recevant des avis pareils, est 'sommé .de fournir tous les apprô-^ visioniiements et les vivres dont il pourra disposer. Quatre à cinq raille hommes provenant des * . * -équipages de la flotte sont , en même temps, dé-

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barqués et répartis entre les corps qui se mettent en mouvement et ceux qui restent chargés de la garde des places de Lorient* et de Port- Liberté. — Ces premières dispositions étant réglées , les représentants, réunis en conseil privé, s’occupent des mesures de sûreté ‘qui leur semblent propres à sauver la chose publique; et, faisant précéder un de leurs arrêtés de considérations générales sur les événements du jour, ils s’énoncent ainsi qu’il suit, en prescrivant l’ap> pel aux chefs-lieux do district de tous lessuspecti répandus dans les campagnes. . •

« Le tcrriloire de la liberté a été viole par ses plus

mortels ennemis. Les républicains et eux sont donc en

présence dans l'allilude des combats. Il faut donç aussi que les couleurs connues signalent do manière à ce 'qu’on ne puisse s’j méprendre, ceux qui sont résolus de combattre pour cetlé mémo liberté contre ceux qui ont formé le vain complot de la détruire ; les conspiraleiu s d'un côté les amis des droits de l'homme de l'autre.... »

‘ — r D'autres mesures sont prises contre les parents d’émigrés , et il est dit : Que lex pères', mères , frères , sœurs. ^ femmes et enfants de « ceux-là., seront sur le champ mis en état d’arrestation et transférés ^ autant que faire • se pourra , dans les ports et places de guerre

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pour y être détenus comme otages. La même • % *■ mesure était applicable aux prêtres insermentés ,

rendus à la liberté ; mais suspects 'de na~ voir pas fait sincèrement la déclaration de vivre soumis aux lois de la république (1).

Quant à- ce qui concerne les mouvements de la côte et leur'sûreté, ûn autre arrêté prescrit de couler bas ou de mettre au plein toutes les embarcations qui ne sont pas indispensables au service, des criques et des rivières. Suivant le même arrêté, les bateaux de pêche, ne peuvent plus 'sortir qu’avec une permission spéciale de l’agent des classes; visée par le coranuindant des

(1) Nantes , représenté par .ses chefs d’adnaihistratien, et avec lavis du général Canclaux, prit une délibération, sous la date du 14 mèssiddr , pour sursoir à l’exécution de cet arrêté , fondé sur ce. que la mesure paraîtrait, dans la Loire- Inférieure, un retour à la terreur, et déterminerait ainsi ceux qui ne pourraient être arrêtés dans le premier moment à rejoin'dre les rebelles. — Dans le Finistère , au contraire , l’esprit et lés dispositions de cet arrêté avaient été à l’avancé regardés comme opportuns et indispensables ; il avait été prescrit dès le 1." messidor.,- à tous les ci-devant privilégiés, de se rendre, dans les 24 heures , à leurs cbcfs-licux de district., - , . , . . . . ’

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forces mililaires ; et les patrons à leur rentrée chaque jour, doivent un compte fidèle de ce qu’ils ont pu observer à la mer. Toute communication av.ec l’ennemi est punie des peines les plus sévères. — Puis, appuyant ces mesures d’une proclamation aux habitants des campagnes, ils leur rappelèrent que jamais les Anglais ne firent une descente heureuse sur nos côtes et que le moment était venu 'de se lever en masse avec leurs armes et leurs vivres^ en ■prenant la généreuse mais nécessaire résolution tï aller exterminer les féroces ennemis, qui ^venaient de violer, le territoire, — De leur cplé, les deux représentants Bollet et Grenot , restés à Rennes, réorganisaient par un . arrêté spécial les gardes territoriales (ces colonnes mobiles avaient été déjà plusieurs fois négligées ou abandonnées) , de manière à leur donner une force j nouvelle, une activité qui permît de les réunir aux troupes de ligne. El quelques troubles, une sourde et menaçante fermentation s^élant en même temps manifestée dans » *

la populalion. de Rennes , * au sujet de l’exercice du culte , ils prirent ^sur cet objet do nouvelles mesures de conciliation , propres à calmer l’effervescence qui allait éclater, \ a .

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