LIVRE HEDV1ÈME. CHAP. IV
ÉtaU de Bretajjne ; Kermoisan et Botcouard , arrivèrent d’Amay , et furent lofjés dans l’église, de Saint-Palern jusqu’au 12. Ce jour-là deu.v nouvelles commi-ssions instituées par le général Le , Moine , qui venait de prendre le commandement de la place de VanneS, en remplacement de Josnet , entraient en séance et allaient prononcer'" leurs premiers jugements.... Des 103 prisonniers
arrivés la. veille, 78 furent condamnés à mort et » • .
conduits , le lendemain malin à 9 heures , au-
dessus de V Ermitage où ils tombèrent ' en -
criant vive le roi!
D’autres détachements devaient ainsi Se succéder; car les administrateurs du district d'Auray avaient pris une délibération en' date du 10 j
sure reçue à l'affaire du 28 messidor; que, chargé par son maître et révéqne de-Dol, de la garde de leur maison au bourg de Quiberon, il rëçut l’o'rdre' du premier de fuir et de prendre un coffret dans lequel élaient déposés sa correspondance avec le cabinet anglais , 4,000 louis en or, 5,000 .guinées , et un écrin garni de ses bijoux. Il ajoute que, se trouvant égaré dans les environs de Quimperlé , ce coffret cl ces objets furent enfouis par lui non loin du bourg de Clohar.... Que sont-ils devenus? — Nous l’ignorons.. , * ,
LA RÉVOLllTIO^ EN UnETACNK.
pour que l’on 'évacuât une partie des prisonniers entassés dans les églises de la ville , où iis mouraient de faim ou frappés d’une maladie épidémique qui venait de se déclarer, lîlad a en effet prescrit , par un arrêté en date du 11 , que 3,000 prisonniers seraient immédiatement transférés d’Auray à \ annes, et ce fut aussi alors que ce représentant, guidé, par des vues dhumanitéy prescriut la mise en liberté des jeunes gens pris à Quiberon qui seraient âgés de moins de If) ans.
IWais les deux nouvelles commissions instituées par Le Moine , étaient en activité , et nous apprenons, par une lettre adressée de Vannes à lîrue, •que, peu de jours après, le 21 thermidor, on comptait déjà , dans la seule ville de Vannes, 500 émigrés ou chouans qui avaient subi la peine de mort. Long-temps fusillés sur la Garenne , on les avait successivement dirigés vers l’ JSrmîtaye et l’Jlrynor^ parce que l’administration municipale se plaignit de ce que le grand nombre de victimes immolées sur la Garenne laissait le sol couvert d’une énorme quantité de sang que les chiens ne pouvaient épuiser, malgré qu'ils tinssent tous les jours s’en regorger au milieu des cadavres qui restaient plusieurs heures dépouillés à la vue du peuple , faute de pouvoir les enlever
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assez: proniplcinent pour les trailsporler an cimetière (1). . • . ■
■ Des scrupules et de Fhësitalion ne tardèrent point cependant a se manifester dans ces corn-*missions que le général Le Moine avait probablement. instituées arec un discernément analogue à rârdeur qu’on lui connaissait à poursuivre les ' 'ennemis de la république. Dès le 18 thermidor,
Le Moine s’en plaignit aii Directoire du départe-,
> ment ; et , le lendemain , s'y étant de nouveau présenté avec le représentant Michel , nouvellement arrivé à Vannes, il déclara formellement que les quatre- commissions 'instituées' par lui , se trouvant effrayées de- la responsabilité que quel-'
• ques personnes, leur avaient fait envisager.^ ne voulaient plus continuer leurs fonctions,,
' - (1) Toutes les mesures tic célérité étaient cependant prises et suivies dans ces tristes exécutions ainsi qu’en. . témoigne l’ordre suivant donné aux olficiers- chargés de la mise à mort de Sombfcüil et de ses compagnons :
— O Vous n’ignorez pas que.^les jugements militaires , » doivent être lus publiquement au lièu de Tcxécution.
' 0 Kous pensons que cette formalité pourra être remplie- U pendant que les condamnés seront cohduits au sup-
» plice , afin que leur exécution ne soit pas retardée. «
Digitiieè by C.c
M KKVOLÛ riOK EX BKE-ÇACXE. 16 1
et qn elles se ct'oyaient quittes après le jugement des émiqrés. {{) — fl ajouta que- /«fi rommissions èluhlies à Auray avaient suivi' la^ loi du 3t) prairial (elle j^iuuissail do mort les 6uii*;rés cl leurs complu es) , tandis que lés autres étaient indécises si elles (/ppliquer nient cette loi ou celle de brumaire (çclle-(*I admettait les cîn oiislaiicés altéiuiaiites po'ur les^ , chouans (ju’elle rejjardail coiume ayant été entraînés). — Le ‘iO thermidor,' en effet, les com- ' missions militaires de Vânpes cessèrent de s’assembler , et leurs présidents s’étant, réunis qjour . délibérer de leurs scrupules, s’adressièrent à lad-* minislration dcpartemerilale à l’effet d’avoir son avis sur celle des deux lois du 30 {H’airial ou du 25 brumaire qu’il convenait d’appliquer aux chouans' pris dans .les lijjnes de Quiberon.... Mais radministration départementale répondit , le 2.5^ qiielle ne pouvait se permettre de port et, des décisions judicknres , ni se permettre de donner une opinion sur la question.' — ■ Quelques mouvements s’élanl manifestés sur les enlre-
(I) Les ntiatre présidcnls de cës commissions éiaieiit Boilo, B<inillon , Le Vieux et Desquieiix. • ^
" l'I. — 5.' VOL.-
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faites parmi les prisonniers dëlenus aux ürsuliiies, et le bruit Vêtant, d’une autre -part, répandu que la ville serait prochainement attaquée , Le ' Moine se décida , le 27 thermidor , h cassçr les commissions qu'il avait instituées , à faire détenir un de leurs itiembrcsf et h . prescrire aux aùtrés de quitter immédiatement la ville.
.. Ainsi se closaient ces scènes de deuil, qui se seraient probablement encore prolongées sans la résolution des mibtaires que l’on avait.' chargés des vengeances de ‘la loi. 'Le Moine ne poùv^nt plus se faire obéir, écrivit le 28 thermidor aux re- ‘présentants et au général en chef: .
* a Qnïl ne trouvait plus dans la garnison aucun ofiicier pour remplacer les commissaires qu'il avait été furcé de destituer.... Aussitôt, ajoute^t-il, que les prisonniers d’ Au ray . seront rendus ~au Port-Liberté,- alors la Convention prendra toutes les mesures qu’elle croira’nécessaircs dans les circonstances: car, je vous déclare que je n’ai aucun pouvoir et que j'ai les bras liés. » '
Dès ce moment , les exécutions- se ralentirent donc; Anray et Vannes ne. furent plus troublés par les fusillades qui se succédaient depuis un mois avec tant d’activité , et le général Le Moi&e lui-même , débarrassé de la préoccupation où gavait jeté la question de savoir si .c’était la loi du 30 prairial an lit , ou cèlle du ‘ 25 brumaire , qui se-
tA BÉTOJLVTIOB BU BBSTAClfB. 163
raif appliquée au%' prisonniers de. Quiberon, put . recueillir en . silence ' les procès-verbaux ' des commissions qu’il avait instituées et compter les victimes qui étaient tombées. J’ai sous les yeux ' '
•la lettre qu’il adressa à Hoche, le 26 nivôse aii IV, en lui transmettant la liste des coadamnés; elle porte le nombre des fusillés è. . . . . . 713
Le nombre des condamnés ü la détention , à 284
Celui des acquittés et incorporés dans
les bataillons républicains , à , 2,848 ^
Les mis en liberté, ayant payé de& cou- .
tributions en grains(l), à . ...... 2,000
Les morts dans les prisons et les hôpitaux,
Les' vieillards,'femmes et enfants , mis en • liberté lors de l’entrée de l’armée dans la presqu’île , à . 3,000
• Total 9,245
- Quant à sa lettre, elle doit aussi être comprise au 'nombre des docoments relatifs à cette triste affaire. ' . .
. (1) Ce fut ladmiDislralion du Morbihan qui eut l'heu- .reuse idée d'offrir aux détenus ce moyen racheter leur liberté par des contributioas én gr§iB8. *
164 liyRK KEmiÈSIB. CHAP. IV.
* • • ’ • * n Los malveillants diront, peut‘-être, que le nombre dés
^fusillés est trop ou n'est pas assez grabd,peu importe
auA amjs des lois: Les noms de ceux qui ont dtd tués. dans
les difTérenles alTaircs que nous avons eues avec ces •
messieurs , ains-i que ceux qui se sont bravement jetés '
dans la mer > lors de notre entrée dans la presqu’île de'
Quiberon , n’y s*nt pas portés. Il serait à désirer que tous
‘ nos ennemis fussent aussi bien détruits que les émigrés
qui ont échoué à Quiberon (1).- .
Salut et fraternité,
. • I,rF. MoIXE.
(1) La liste publiée à Brest, en 1814, sur laquelle on ■ s’est fondé pour l’érection du monument de Quiberon , né. porte que 711 victimes au lieu de 713. Nous avons quelque raison de' croire que la liste que, nous consultons est plus exacte que celle de la restauration; mais elle était au reste devenue si rare, que l’exemplaire que nous possédons avec la lettré de Le Moine, est signalé, en l'an VII., coibme étant le seul qui existât .aux archives de l’état-major de la 1^.'= division à Rennes. Beaucoup de noms n'y sont pas ortographiés do la mémo manière' et avec les mêmes indications que dans la liste dressée par la restauration. ..
lA «évOLCTIOV BIT BBBTAGBE. 165