‹ Histoire de la révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne ouvrage composé sur des documents inéditsChapitre 2 sur 35 · I.A HiVOLDTlOH KH BBETAGBE · texte numérisé non relu

I.A HiVOLDTlOH KH BBETAGBE

armées des côles de Brest et de Cherbourg, Hoche et iVuherl-Dubayet.

Dans les cantonnements formés par la Basse- IVormandie et le pays de la Sarihc, les suites de la pacilication s’accomplissaient difficilement comme dans le reste des départements de l’Ouest. Plusieurs chefs royalistes: MM. de Frotté, de la Roque , de Scepeaux , Dieusic, de Turpin, avaient cependant paru s’y eniployer pendant un moment ; cl , sans que nous ayons à statuer sur la sincérité douleurs démarches, on peut dire que la cessation d’hostilités qu’ils annoncèrent un moment ne s’accomplit point et ne fut que nominale. Mais, si cet étal de choses, ainsi que nous n’en pouvons douter, tint au mauvais vouloir des chefs de chouans qui éludaient jusqu’aux promesses de soumission qu’ils avaient faites , il faut reconnaître, d’un autre côté, que l’impulsion de terrorisme qui avait été donnée par le représentant Fsnue- Lavallée aux autorités de ce pays, était loin de favoriser la réunion projetée. Les troupes en garnison à Laval et dans ses environs, par leurs excès et leur indiscipline, formaient un obstacle incon- ^ testable et non moins grand aux idées de rapprochement. Duhesm, leur général , ne pouvait les contenir, et il se trouva forcé d’éloigner de faval

28 LITRB KBUVIÈHB. CHAP. I.

plusieurs bataillons qui avaient insulté les chefs * royalistes qui se présentèrent après la pacification. Les deux représentants Lanjuinais. et Defermon avaient renouvelé les autorités de Mayenne, mais celte réorganisation n'avait eqcoro produit aucun résultat. Les chouans d’ailleurs persistaient à rester armés, et ils s’opposaient à tons les enlèvements de grains qui devaient servir è approvisionner les villes et leurs garnisons. Il en résulta plusieurs rencontres h main armée qui rendirent la pacification de plus en plus difficile. Mais un fait, par-dessus tout , vint aggraver ces fôcheuses dispositions. Deux officiers de l’armée catholique qui avaient pris part aux actes de la Mabilais, MM. L’hermite et de Geslin, se rendant de Laval au Mans, furent arrêtés h six lieues de la première de ces villes par un détachement de républicains , et massacrés comme chouans, en raison des couleurs de l’insurrection qu’ils portaient et n’avaient point voulu abandonner sans doute. Ce fôcheux événement eut toutefois un retentissement assez grand pour que les pbintes contre l’exagération des républicains et le général Duhesm se renouvelassent (I). Cormatin, d’une part ,

* (t) Nous n'avoDs point de détails sur ce malbeureuit

Digilized by Gopglc

LA BâVOEüTlO» BR BBBTAGBR. 29

Aubert-Dubayet et Hoche , sur l’avis spécial de Humbert, qui se trouvait à Laval, se rendirent successivement dans celle ville : chacun pour constater les faits, et chacun aussi pour s’assurer de la disposition des esprits.

événement, et nous acceptons volontiers la juste indigna* tion que nous retrouvons dans l’ordre suivant:

O Nous, général en chef de l’armée des côtes de O Cherbourg, profondément indigné de l'atroce assassitt nat commis contre le droit des gens et la fui jurée » en la personne des citoyens Geslin et L'iiermite, ren- » très sous l'obéissance de la république, ordonnons au O chef de bataillon Gaillard , sous sa responsabilité péril sonnclle , de faire arrêter tous fauteurs et instiga- » teurs de ce crime et de les faire transférer au Mans » sous sûre garde, a — Mais, en relatant cet ordre, daté du 12 floréal, il est aussi de notre devoir de dire que les commandants militaires et les administrateurs de Sablé et de la Flèche écrivaient les 26 et 27 du mois précédent, au moment môme où les conférences de Rennes tiraient à leur fin, que, /es soi-disant généraux chouans, L’hermite et Geslin, venus dans le département de la Sarthe pour le pacifier avaient agi dans un sens contraire et organisé un parti considérable. — Ils ajoutaient que les deux chefs qui couraient ainsi le pays à l'abri de la pacification , avaient séduit et entraîné à la désertion un détachement entier du 16.* de dragons , stationné à Fouillc-

UVBB HBOTltlfE. CHAP. I.

Nous avons en main la correspondance particulière de ces chefs, et voici ce que nous y trouvons :

« Je vous avoue, dit Aubcrt-Dubayel aux représentants, que j'ai été aussi douloureusement atTecté du mauvais esprit qui règne dans cette cite que des formes dictatofialcs du citoyen Desoleux, dit Cormatin. Son ton, l'escorte qui l'accompagnait , ne peuvent être tolérés. Il faut que, conformément à la pacibcalion, il rentre dans les devoirs de tous les citoyens français, et que, dans une ville aussi gangrenée de royalisme que l'est Laval, les amis de la liberté n'aient pas à gémir du spectacle insolent d’un prétendu chef, qui s’est environné d'une garde prétorienne. Je vous avoue que, connaissant ce Desoteux dès long-temps pour un intrigant bas et sans caractère; l'ayant vu dans ma jeunesse en Amérique, l'aide-decamp du ci-devant baron de Yiumesnil et le très-bumble serviteur des Lametb, je n'ai pas été peu surpris, .quand j'ai reconnu ce personnage sousl appcllation de Cormatin! alors toutes mes résolutions d’amoûr de la paix et d horreur de la guerre civile m’ont été nécessaires pour ne pas me livrer à tout le mépris que m'inspire cet aven-

Tourte, annoncé le retour prochain de la royauté et usé » de toute leur influence pour perpétuer la guerre , ati lieit de la faire cesser. ...

Ces circonstances ne sauraient, sans doute, justifler leur assassinat après la ratificalio.n du traité, mais ne peuvent-elles pas en donner la cause.

DlgiÜzcxJ by Go^Ic

lÀ BÉrOLOTIOR ER BEBTÀ6RB.

turier. Enfin, en homme qui clioil ses devoirs , j'ai cru devoir triompher de mon indignation , et , cédant meme ù d'impérieuses circonstances , j’ai toléré une réunion de deux j\ trois cents chouans à qui le citoyen Curmatin , suivi du général Humbert, a été en cITet dans la vérité annoncer que la paix était faite.

» Maintenant, citoyens représentants, comme mes instructions et votre dernier arrêté sur la haute police doivent me servir de règle, j’ose vous demander si la décence publique , riionneur de notre gouvernement , me permettent de soulfrir que Cormatin soit ici entouré d'une garde? Je veux la paix, le bonheur de tous les Français; mais, fidèle à mes obligations , je veux mourir en défendant avec énergie les droits du peuple et la dignité de la Convention Nationale. J’attends votre réponse à cette dépêche. »

El il ajoulait en post-scriptum :

« Comme l’énergie de mon caractère n’altère en rien mon amour pour la paix et la concorde , je dînerai aujourd'hui avec Cormatin dont je reçois à l’instant une lettre convenante et copie de celle qu’il vous écrit. Croyez-moi , veillez cet liommc. »

Toutefois, écoulons Cormatin: II nous assure, dans un mémoire spécial, que Dubayel , s’abandonnant aux derniers excès de la fureur, s’oubliait jusqn’h f insulter chez lui, justpi’à le provoquer en duel, au lien de concourir avec lui à la pacili-

LITBK BBIJVIÈMB.

CnAP. I.

cation (1). Et rendant compte aux représentants, dans une dépêche datée du 9 mai 1795, des efforts qu’il ne cesse de faire , il dit :

« La malTeillaiice existait ici à un Ici point, qu'au lieu de prêcher et d'annoncer la paix, les esprits étaient au contraire décidés à la guerre. Hier, ayant invité au village du Bnzoïigers, les ofliciers qui commandent les chouans dans la partie du département de la Mayenne, les soldats ont voulu les suivre, de façon que le rassemblement était considéi;ablc. Ayant encore été attaqués par vos troupes , je trouvais les esprits aigris, montés à la vue des cocardes blanches; et les panaches qui couvraient tons les chapeaux ne me promettaient rien moins que docilité. Je TOUS annoncerai cependant, représentants, qu'aprés avoir écoute leurs plaintes, leurs griefs , ils m'ont remis le soin d'empêcher qu’ils ne soient plus vexés; qu’à ce prix ils seront tranquilles ; je leur ai promis justice et police : ils m'ont juré subordination; et, snr l'instant et à ma demande, ils ont ôté leurs cocardes et leurs panaches. Le général Humbert, témoin de tout ce qui s'est passé, peut et doit vous en rendre un compte fidèle.... J'ai fait des réglements de police j)our tenir en respect lep -têtes échauffées qui pourraient encore troubler l'ordre et la paix dans les campagnes. Je vous les porterai moi-même , et j’en ferai part au général Aubert-Dubayet.

(1) La lettre et le post-scriptum de Dubayet , qnc nous possédons en original , semblent toutefois peu d’accord avec ces assertions.

. ■ ti. HliVOltlTION EH BBETACBE.

Mais celui-ci et Hoche sont sur les llenx, et ne paraissent avoir ét(5 que tardivement avertis de ce qui vient de se passer.

.« J élais hier avec le gémirai Dnbayct à Laval , écrit Hoche, lorsque le général Humbert, revêtu d'un uniforme chouan, vint me demander mes ordres pour sa marche, qui ^ suivant lui , devait être dirigée sur Mayenne, Ernée et Fougères accompagné de- Cormalin., Il devait, disaitil , organiser des corps de chasseurs. Je no pus m’em- ' pêcher de le gronder do l'inconvenance qu 'il y avait qu'un officier républ'icain paraisse an milieu des cliouans avec leur costume; Dubayet et moi lui fîmes sentir qu'il s'abaissait en servant de courrier à Cormatin , et je lui" ordonnai d’aller sur-le-champ revêtir son habit : ,cc qu'il fit. Il était è peine sorti, qu'on vint nous apporter un exemplaire du réglement que je vous envoie. Nous ne ifOmes pas peu surpris de voir avec quelle impudence Cormatin se. jouait de la bonne foi, et combien il se souciait peu de jwraître exécuter les lois de la Convention nationale' et vos arrêtés. » ' , . '

Que portait , en effet , ce réglement des chefs réunis avec leurs troupes à Bazougers sous les ordres de Cormatin , forcé d’avouer lui-raéme qu’ils se rallient tonjours aux signes de la rébellion ? — Il porte ; que les bandes royalistes ne doivent pas se dissoudre \ quelles vivront sous les ordres de leurs chefs et de leurs capitaines', que , pour maintenir le calme et . 3. — 5.* VOL." .

IIVBB HBDTlkMB. — CHAP. I.

l’ordre promis , il faut des lois de police pour, rappeler chacun à ses devoirs et à la subordination quils ont juré de maintenir en combattant pour leur opinion; qu’aucun chef ou officier ne rentrera dans la jouissance des propriétés auxquelles il a droit par le traité de la Mabilais f quau préalable les soldats et leurs compagnies liaient joui de ce privilége; qu’aucun chouan ne pourra changer de compagnie sans t agrément de ses chefs que nul ne sera forcé de porter la cocarde - tricolore^ que les déserteurs qui pourraient ■S être glissés parmi leurs soldats , obtien- ' dront des congés absolus ou la permission de s’incorporer dans le.s bataillons quils préféreront^ etc,,, etc. ( 1 ).

Mais recueillons encore l'opinion de Ilochc sur celte pièce ;

(I) Cet acte, sans nom d'imprimeur , est signé ainsi qu’il suit :

Cormatin, Dupéral, Dufour, Picot, Tranche-Montagne dit Denis, Jambe d’Àrgcnt, Chandelïier, Charles- Auguste Russe , Kerbac, La France, Place-Nette , Cceiirde-Roi, Sans-Regret, Mousqueton, Cœur-de-Lion, Sans-Peur, Constant; Chambord, La Motte, La Bique , Ja Grenade. ’ ~

li. HÉVOLimOR EN BRETAGNE.

« La conduite de Connatin est abominable, les propos qu’il tient sont d’un forcené , il a en vérité perdu la tête et se croit le dictateur de la Bretagne^ veuillez prêter votre attention à ce qui suit :

» Je me séparais de Dubayet à une heure après midi et pris la route de Rennes par la Gravelle et Vitré. J’avais à peine fait une lienc que j'aperçus Humbert à mes' côtés sans aucune suite. J’allais lui demander pourquoi il suivait une route diamétralement opposée è celle qu’il m’avait dit devoir tenir, lorsque moü escorte aperçut sur la droite do la route douze à quinze chouans armés et portant la cocarde blanche ; Humbert seul courut' sur etix, et ils lui dirent qu’ils se rendaient ù une assemblée qui devait avoir lieu à quelque distance dO là. Il les laissa ,, donc aller , vint nous rejoindre, et disparut l’instant d’après. . -

» Amvé à la Gravelle (cinq lieues de Laval) plusieurs olBciers et soldats du poste me dirent que la ' malle venait d’étre arrêtée ppr soixante chouans, à pne lieue sur la rôute de Vitré , que le conducteur et un voyagèur avaient été emnienés par les chouans ; que' ceux-ci s’étaient contentés de prendre les subsistances du courrier et n’avaient touché à aucune lettre ou paquet ;

" qu’un détachement d’infanterie, qui, peu après était • passé, n’avait rien trouvé. Je m’acheminais avec mon escorte do dix hommes de cavalerie, marchant en ordre, et bien résolu do battre quiconque s’opposerait à notre passage. Au lieu même ôü la malle avait été arrêtée, Cormatin, accompagné de deux chouans , dont un monté sur le cheval de Humbert, et trois hussards qu’on me dit

LITHE KKÜVliiMB. CDAP. It

être son escorte , me rejoignit hallctant comme un homme très-empress(5. II vint cffrontcmcnt me dire qu’il y avait des gens là bas, que la malle avait été arrêtée par eux et qu’il allait leur parler^ En effet , il se mettait en devoir d'aller prier ces gens de me laisser passer, lorsque j’ordonnai à mon escorte de l’cmpêchcr d’aller plus loin, et à lui-même de rester derrière. 11 m’assura qu’il serait désespéré qu'il m’arrivât un accident: je l’assurai à mon tour que je savais me défendre et que je ne voulais rien lui devoir. Çct affront, car il dit que c'en était un , le fit rester derrière, ctâ peine fus-je éloigné de quatre cents pas qu’il s’enfonça dans les terres et ne reparut plus.

O ^'ous rencontrâmes bientôt un détachement d’in- ‘ fantcric qui escortait les équipages d'un bataillon , j’or- ’ donnai au commandant d’arrCter toutes les personnes qu'il trouverait n’avoir pas de coparde, et dejes conduire .à pied à Vitré. Cormatin et ses deux chouans étaient dans ce cas; s’il a été rencontré , probablement aura-t-il été . arrêté; je n’en ai aucune nouvelle,

» A combien de réflexions ces faits doivent-ils donner matière, surtout si vous les rapprochez de 1 insurrection prête. à éclater dans le Morbihan, et des nombreuses désortions qui ont eu lieu parmi nos troupes.

^ - » Tout, oui, tout nous prouve qu'à 1 instant où les

Anglais paraîtront, le pays se soulèvera contre les troupes républicaines. », *

Cormatin ne se contenta point cependant des actes d’hosllUlé et des parades qu’il venait de jouer n' h Laval et à Basougers, ou plutôt il voulut réparer

LA RÉVOMJTlOa KH BRETAGHB. , 37.

le lorl qu’elles portaient 5 sa cause. — Après avoir parcouru avec Humbert les districts d’Ernëe et de Fougères, il remit aux représentants Guezno et Guermeur, dès sa rentrée à Bennes, un curieux . écrit signé de lui , de Jarry et de Gnlllo , où , sous les formes les plus apprêtées , il osa proposer

comme moyens' infaillibles pour rétablir la pàiac\ 1." d’assurer aux chefs de chouans quï * parcourraient le pays^dans l’intérêt de lapacifi-,' cation , toute faccillté de déplacement ; 2.®' de désarmer les terroristes J 3.® de faire retirer des campagnes les cantonnémenls républicains ; 4.® de changer les garnisons ; 5.® de ne plus faire do réquisitions; 6.® de né pas obliger les royalistes au port de la cocarde tricolore ; 7.® de différer l’organisation des chouans, en corps do chasseurs ; 8.® de surveiller particulièrement les généraux Rey, Leinolne et Vallelaux; 9.® enfin de permettre qu’un ofiieier chouan résidât dans chaque chef -lieu de district avec la mission de s’entendre avec les autorités locales ; puis do relâcher les royalistes qui pouvaient encore-être détenus., '

Mais le piège était réellement trop grossier pour que leà représentants s’y laissassent prendre ; et Cormatin et ses amis , n’ayant point tardé

36 ' ItVlB VBCVlfcMB. — CBAT. I.

' à connaStre; que Gnezno et Gnermeur* avaient, pris 'un arrêté qu''ils comptaient rendre public sur la<réunion de Bazougers et les incidents qui s’y rattachaient , Cormatin., s’agitant de nouveau ,

. entraîna avec l,ui Jarry et Duteillcul demlander^

; en .commun l’entrée. dte l’administration départementale de l’Ille-etrVilainé ,-/?ovr épan-,

■ cher letcr ' douleur sur lès suites fâcheuses de. -la pacification (1). ' * , '

Mab -pendant que ces chefs y signataires ou * adhérents des actes de la Jllabilais , protestaient J

(i). Wons avons le procès-verbal de cette séance signé Courné, -président; Baynaé , Le ycycé,.Chaçil,Jods-r--'

. tain , "J.-B.-M. Le Gràverénd, Le Gravcrendi.procqreargénéral syndic, et J.-M.'CIlesncl, secrétaire-général. Il , .J est dit, en outre" des protestations des chefs de chouans en faveur de la paix, et de leitr résolutrôh à combattre ' -tout débarquement de la part de l'Ai^leterre, que l’administration naval], jusqu’à ce jour, reçu auùvne plainte.de ' la part des habitants ou des chouans contre les r^pu—

- blicains ; qu elle engageait à, les lui adresser, s'il j avait lieu; mais ÿie, d'un autre côté, au contraire, il ne se pas-^ sait pas de jour. où on ne vînt leur annoncer des massa- ' cres, des vols, des embauchages, des .^violations d'arbres de la liberté, des mises à contribution des arguéreurs de biens nationaux, des reftis à main armée di ap- , prQvisiàrm^etents, étc-,efç,^ ' ' •

■Digitiîedtjy tioogic

14 RiVOlUXIOW BIT BRETAGITB. 39

de leur amour de la paix, en disant dans une

séance publi(|ue qu’ils regardaient une invasion de t Angleterre comme une chimère , qu’ils s’y opposeraient de tous leurs moyens

si^nos côtes venaient a être menacées . les

représcnlarils, qui ne devaient plus se- laisser prendre h ces mielleuses paroles, publièrent deux arretés, où ils rappelèrent, pour la seconde fois 'depuis la pacification , qu’il n’y avait plus d’iiu- ,tro armée que celle do la république , d’autres autorités que celles de la nation, d’autre cocàrde et d’autres couleurs que les signes républicains'; etr, en conséquence , que tout rassemblement non autorisé , tout siglie de ralliement seraient .poursuivis comme des actes, de Tébellion. Profitant d’ailleurs des ihconséqucnccs de Cormatiii et de ses amis , dont la correspondance en^ gé- ' . néral dénote des hommes, médiocres ou d’unc'‘

très-faible éducation , ils leur rappelèrent que, par leur soumission, ils avaient perdu jus-~ ' qu’au nom de leur parti; et quç la première condition du paiement des indemnités accordées aux chouans avait' été la promesse de déposer leurs armes et de ne plus les porter contre la . république. Et les meltanl en opposition avec' . üux-mémesj ils leur rappelèrent que , dès les pro-'

40 UVKB HBDVI^tre. CHAP. ^ ' ''

iDÎers joars ’de floréaf j Cormatin , Gestin ^ 'Vil- .

leneuve Bernard, Jarry, l’Hériuite et Moulé de

la Baitrie avaient demandé, par anticipation, qu’une

. sdmnie de 150 mille livres, dont 30 raille en ’

numéraire^ lût versée entre les mains de leur re-

ceveur Goillo , sans qu'on ,tin£ à ce qui‘^

en justifiassent. . ' • . ^

Nous n’avons pas besoin de le dire , sans’ doute ,

ces faits , lès promesses et les menées du jjarti

ne . devaient plus laisser, .aux généraux comme

aux représentants qu’une bien faible espérance '

de conserver la paix. Mais , ainsi que Ll p^oliti- :

que du gouvernement avait été ii'la Jaunais et' à .

la Mabilais , surtout* de prouver qu’il offrait la

paix et^ le repos h ceux-là n)êmes qui déchiraient

le sein de' la patrie ainsi encore sa politique dut;

être -et fut de ne pas reprendre les hostilités tant

qu’il y aurait un homme' on un chef du parti^

opposé qui assurerait que la paix' était possible ,

• ^ • qu!elle pouvait ^s’établir. — Ne nous étonnôns '

donc pas qu’au milieu des rap.ports de Brue , qui

annoncent à.la date du 28 que'tout'le Mprbibau^,

est en feu; qu’à la suite d’une lettre de Dubayet,

qui court à la Flèche et à Sablé, le 27,' pour

apprécier les suites d’un combat qui vient d’avoir

lieu dans ce district"; qu’après les.’ rapports du ,

IX BÉVOIVTIOH EH BBBTACBE. <i l

% % ^ général Duh»sm , qui annonce que ses troupes

sont sans pain et journellement attaquées de- -puis la présence de Cormatin à Laval^et à lîasougers, ne- nous étonnons pas^ dis-jê, qu’alors encore, c’est-à-dire le 29 ,-Guezno et ses collègues aient pris un îtrrèté pour l’organisation en corps réguliers des chouans qui voudraient sincèrement se ralliêr à la république^

’Et pet acte, cependant, ne 'donne pas encore to'ute la' mesure de la temporisa lioj^-el de la mansuétude des représentants. La paix avait été con^ due avec Stofllel lu ^4, à Varades (1) ;’'.et , à N’a'ut'es comme à -Rennes , dans la Vendéé. comme dans la Bretagne , cet apte d’amnistie avait eu' d’aulanf plus de retentissement , que l’armée d’Anjou et ses chefs , placés dans une position déses-^ pérée , n’avaient point trouvé la république du 9 thermidor plus rigoureuse -ou plus exigeante à leur égard qu'elle nie l’aVait été envers Qiarette' et les insurgés de là Bretagne. Il y. à plus'^ c’est que ce fut dans ce moment , eiî vue de prévenir le reloirt’ de la jourçée d\i 12 ’gcrrniiial, et de faire taire les plaintes plus ou jnoins fondées deS

(t)Les représcnlanls BoHet , Chaîlton , Jary , Ruelle el Donner, condiiisircDt clMIC' affaire. .w

42 IIVBB BBOTlfeMB. — "cHAP. I.

rebelles^ cbn Ire les teprori&tçs ^ que toutes ics*

• mesures d’incarcération et de désarmement cou-

• tre cêux-ci^ furent appliquées dans nos départe-'

*ments avec la sévérité la plus prononcée (1).

(1^ Gue:sno , Guermenr, Brue, Champeaux, Jarÿ^dé-ployèrcnl pour col objet une aelivité parliculière, qui-fiit secondée par les adnnnislrations et' les soéiélés philairtbropiques de Rennes, de Brest, de Lorient et de' Nanlcal Des listes furent dressées partout pour aiteindré les hommes qui avaient fait partie deS corfmlissîons et des tribunaux l’evolulionriaircs. Et dos arrêtés des repré- ' > sentants, slatnaul sur leur conduite, pffcscrivirent^clu• incaraération ou leur désarmement. Kous avons ces. Iis- . . tes et les plaintes qtii fuient formulées contre' les ter-r rpristes qui avaient servi les Prieur, les Carrier et* les 'Pocbole. Les faits que nous y,avQbs trouvés consignés'

< justifient -complètement la joie et. les 'cspérânccs non- 1 ^Velles que leur mise en surveillance fit naître partout. Sur plusieurs points Icut incarcération fut célébrée comme une fête publique ; de plusieurs villes il pai tU des adresses remarquables ; à Lorient il y eut des odes , et un poëmc entiers consacré à celte mémorable mésuro ,

• et' le poëtç s'i^ayant aux dépens d^is cltibistes désarmés, les désignait 'd’une manière asgez burlesque; par, des noms d'animaux en rapport avec rie caructèrê privé et politique qu’ils avaient déployé dans la crise de 1793.

- Mais , parmi ces nouveaux vaiiicus d'une nouyelV .

tu

Df I. ' 'fb/Googlc

•IA BÉVOtOTIOri BR BRETAGRE.

Quant an culte et aux dispositions officielles ou de simple bienveillance qui pouvaient en a.ssurcr le rëtabbssement , qui oserait dire que tout ne fut point tent(5 delà part des représentants, quand

crise, il en est un que nos lecleùrs seront curiejjx d’observér : C’est ce Bi'iilus -Magnier , ce fërote et impassible prdsident.de là commission militaire d'Ântrain. Il a aussi été arrêté et mis dn prison c’est

de là qu il -écrit aax représentants Gnczno et Guernieur. — • « Puisque vou§ proclamez Sans cesse la justice, ordonnez donc qu’ellc-me soit rendud, et lie me forcez pas à devenir coupable ; car je pourrais bien ne pas me contenter dé mordre mes fers. Vous pouvez bien vous imaftincr que les mânes des honnêtes guillotinés seront vengés, et que si le tribunal de Paris m'a épargné , ccliû de ReOnos ne me ratera pas. Déjà la prétendue opinion publique m'a jugé, et au Oom de I bumanilé', les thermidoriens^ m'égorgeronL Que tardez-vous , que. tardent-ils ? J attends la mort , il n’y .a qu’elle qui puisse faire mon bonheur et liic faire cesser de dire que les Français sont dupes et que tout ce qui se passe aujour- •d'bui pue la royauté. Vous .ne serc? sans doute pas fâché de recevoir de mol-mémc une copie du fameux potpourri sur les conférences, de la Mabilais , qui court ^la ville, çt que M. Gormalin m'a fait demjîjider. Je vous 1 envoie, ainsi que trois autres chansons dans le, même sens, rî'allez pas croire que je le fais pour vous na’bjjuér:

IITBE MBlVIÈMB. CHAP. I.

■ on se rappelle, leur premier arrêtë du* 24 nivôse, rélargissement qu^ls acçordèrent à tou.s les prêtres incarcérés , la rostltiUion des temples ou l'ouverUire qd’ils en prononcèrent. Et tant de faits , tant d’actes témoignant de leur amour de

NSn , je suis franc , mais non pas insolent ; c'est uni- ‘ qiH'Hienl tlanj; le dessein de vous tellèment indispqser contre moi, que vous m'envoyiez encore une fois airx boucliers de Paris, qui m’accorderont au moins les bon-» nc'urs de la déporlalion. Vous avez actuellement beau ç!iam]i poiinme persécuter, représentants, failes-le donc , cl certes "vous nio rendrez service en faisant disparaître . l'incerliliide liù je suis depuis dix mois. Donnez des 'ordres au jury d accusai ion. ■. — P^ivela rt^publitjuê ! mort aux 7'oyalrsies et aux aristocrates ! ’ v

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