‹ Histoire de la révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne ouvrage composé sur des documents inéditsChapitre 22 sur 35 · PIÈCES JUSTIFICATIVES · texte numérisé non relu

PIÈCES JUSTIFICATIVES

nie, d'auUint plus révoltante et cruelle, que ses auteurs ; qui ne peuvent être que les auteurs mêmes du projet désastreux qui fait le malheur du royaume, ont osé la déposer dans votre^scin, pour la faire plus solcmnellcment éclater ù la face de la nation. Qu'il me soit permis, Sire, de m’en plaindre à Votre Majesté, de lui dénoncer mes calomniateurs, et de lui demander humblement justice de ■ lanouyellc surprise qui lui a été faite, lorsque travestis- > sant mes intentions et ma conduite , on lui a peint comme . répréhensible et criminelle une démarche léf^ale, qui a . été nécessitée par les circonstances, et que j osc regarder comme le témoignage le moins équivoque de ma fidélité, de mon entier et parfait dévouement au service do la province et de Votre Majesté, . .

Je suis avec le plus profond respect , ‘

- Sire, •

■ ' . de Votre Majesté, . ^ '

'Le très-humble ét très-obéissant serviteur et fidèle

sujet, ' . BÔthebbl, ‘

i Proc. Géfi. Syndic des États de Bretagne.^

A Rennes, le ^0 juin 1788.^ . :

- , . •' "h.® 3. >-^^CHAt>. 6. .

, . , ‘ Bennes , 3 Novembre 88.

■ ^ M,.Pic de la Mirandole fils. " ' ' *

Monsieur et très-cher compatriote , j’ài vu avec plaisir votre signature parmi les ndtrcs , ce qui est un sûr garant

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de vos sentimens patriutiqnes. Nous ne méritons pas ici d'éloge de notre profession de foi; nous n’avons fait que suivre les autres , attendu que , dans cette ville, il n’y a g^énéraleraent eu qu’une môme façon de penser ; mais je vous avoue que vous en méritezj vous qui avez été en- . touré de démons tentateurs , et qui étiez, dans un pays déjà asservi par Kervélégan. '*

Puisque l’occasion s’en présente^ je vous engage., mon très-dier compatriote à ne pas manquer la tenue prochaine, si vos affaires vous le permettent. Go ‘sera une tenue mémorable et nombreuse , suivant les apparences, dont je serais fâché de n’ôtre pas. Il y a une chose à craindre, c’est qu’il ne s’élève de la dissention entre la Noblesse et le TierSi Ce dernier ordre a des prétentions nouvelles qu il voudroit réaliser. II voudr'oit désormais ■ dans toutes les commissions et partout où il s’agiroit d'opiner , être lui seul en nombre égal de membres à ceux de la noblesse et du clergé. L’exemple récent des. États de Grenoble l’enhardit , il voudroit encore que le parlement fût désormais composé de membres des trbisf . ordres, attendu que le parlement est censé représenter la nation, tandis cependant que la natiqn n’est suilisam- . ment représentée que par les trois ordres. Cette dernière opinion est très-sensée: mais on voudra dos innovations, il ne convient d'en faire aucune pour le présent. La dette de l'État est lu seul point qui doit nous occuper. S'arrêter à d'autres choses , c’est vouloir s’écarter du but principal; le 'Tiers roule en têtebien d'autres projets, çt pour ' tout dire en un mot, il voudroit s'élever jusqu'à la noblesse ou fairo descendre la noblesse jusqu’à lui , quand

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il ne pourroit pas monter vers elle. C'est un petit nombre d'avocats de Rennes , ambitieux à l’excès, qui ont conçu’ CCS beaux songes.

On dit que M. Necker vient de faire un nouvel emprunt de 80 millions. C'est là creuser de pins en plus l'abyme. .Le total des dettes , y -compris les charges, pension», etc., se monte'jusqu’à présent à'trqis milliards. Quand jamais la France aura'-t-ellé payé cette somme? Rlie est écrasée à ne -ponvoir se* relever, quelque' écénbmie que l’on fasse. Lorsqu’on aura ' commencé à s’acquitter , une guerre , une folie de cour , ou quelque ministre déprédateur viejidra déranger nçs^ épargnes et nous engouffrer plus avant; mais personne ne nous garantira de la banqueroute.

' La Saint-Hubert à fait remettre jusqu’au dix du courant -l’assemblée !des notables.^Les Etats-Généraux sont aussi * reculés en mars ou en may ; quant à nos États', l'on compte do .les voir commencer le 8 décembre,’ s’il ne •6 présente quelque nouveau prétexte de retardement. • -

' Le bruh court ici que les commissaires .du parlement envoyés dans votre diocèse y sont très-mal accueillis , et qu'ils entendent toujours crier à leurs oreilles , vivent los Raillages au f... le Parlement. Ce seroit ce])'cndaut une * pretjvc qu’il y auroit bien du venin dans votre pays , et que M. de" Kervélégan ét ses partisans y seraient fortement accrédités-

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•Siré ,

Mus. cceurs sent ie premier tribut que nous apportons

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aux pieds de Votre Majesté. C’est ce pur liominage que Yos fidèles sujets du Tiers-Etal de Erclague ûuus nul chargé d’ofl'rir au Monarque 'que la France a déjà placé entre Louis Douze et Henry, et qui', par la grande régé-

nération qu'il préj)are ,* laisse derrière lui tous les souverains qui l’ont précédé. Qu’elle sera durable celle nouvelle gloire dont Voire Majesté va s’environner! elle sera dans le bonheur d'un peuple immense qui nomme déjà le règne* de Votre Majesté le règne de la félicité publique. Sire, par cet acte sublime, vous ne.laisse*z'aux Rois que voire exemple à suivre." ^ ,

C'est pour coopérer à ce grand œnvre dont lefe annales du monde u’oITrenl pas d’exemple , c’est pour seconder les vues bienfaisantes de Votre Majesté que le peuple breton la supplie de r.admeltre à l’assemblée de cette •auguste famille dont vous êtes Ip chef et le père , par ,un nombre de représcniants proportionné^ la population cl à l'importance d’iine des plus grandes et des plus utiles provinces de cet empire. C’est alors que . disputant avec le reste <le la France, de' fidélité, de soumission cl de dévouement, vous^ le vérrez. Sire, déployer dans toute leur étendue des sentiments dont il n’a donné qu’une foibic idée par sa dernière délibération. Mais avant qu^il puisse se livrei' tout entier au zèle patriotique qui l'anime^ qu’il lui soit permis, Sire, de déposer seS griefs |)arliculiers dans le sein paternel de Votre Majesté. Ils sont écrits dans ces cahiers sur lesquels il vous supplié de jeter les yeux. Siio, son sort est dans vos maius, et son espoir dans votre justice. Il s’y aliandoime sans réserve', et, plein de confiance dans la bonté d’une cause qu'on peut

PlfeCBS JUSTIFICATITBS.

appüller la cause do 1 humanité, il attendra dans un rc«

pecteux silence J'arrèt qui doit lui donner une existence • • • ^ # nouvelle. Sire, il jure à vos pieds de la consacrer tout

entière au service du meilleur des -maîtres et du plus,

chéri dés rois, v v

Réponse du Roi au Tiers-Etat de Bretagne’.

' Je reçois ^vec satisfaction les assôrances de zèle et de dévouement que Ine donne l’ordre du Tiers-Etat de mâ province de Bretagne : jé ne doute . pas qu’il ne s'ëfforÇQ de mériter mes buntés par une* conduite sage et modérée. Il doit sentir qim c’est seulement au'milieu de la concorde et de l’union entropies différents ordres de mon royaume que peuvent se réaliser les projets que j'ai conçus pour le bonheur de tous mes su jets indistinctement. -

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