‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 101 sur 244 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

« sur leur bulletin et soyez sûrs d'avance qu'ils « écrivent le seul nom qui peut les sauver, c'est- « à-dire celui d'un républicain capable et probe.

« Sûreté* liberté, respect aux consciences de tous « les citoyens électeurs, voilà l'intention du gou- « vernement républicain , voilà son devoir, voilà le « vôtre! voilà le salut du peuple! ayez confiance « dans le bon sens du pays, il aura confiance en « vous; donnez-lui la liberté et il vous renverra « la République»

« Citoyens , la France tente en ce moment , au « milieu de quelques difficultés financières léguées « par Ui royauté, mais sous des auspices providence tiels la plus grande œuvre des temps modernes, « la fondation du gouvernement du peuple tout « entier, l'organisation de la démocratie, la Repu- « blique de tous les droits, de tous les intérêts de « toutes les intelligences et de toutes les vertus!

« Les circonstances sont propices. La paix est « possible. L'idée nouvelle peut prendre sa place « en Europe sans autre perturbation que celle des « préjugés qu'on avait contre elle. Il n'y a point « de colère dans l'âme du peuple. Si la royauté « fugitive n'a pas emporté avec elle tous les en- « nemis de la République. Elle les a laissés impuis- « sants et quoiqu'ils soient investis de tous les « droits que la République garantit aux minorités, « leur intérêt et leur prudence nous assurent qu'ils

« ne voudront pas eux-mêmes troubler la fondation « paisible de la constitution populaire.

« En trois jours cette œuvre que Ton croyait re- « léguée dans le lointain du temps s'est accomplie « sans qu'une goutte de sang ait été versée en « France, sans qu'un autre cri que celui de l'ad- « miration ait retenti dans nos départements et sur « nos frontières. Ne perdons pas cette occasion (( unique dans l'histoire, n'abdiquons pas la plus « grande force de l'idée nouvelle, la sécurité qu'elle (( inspire aux citoyens, l'étonnement qu'elle inspire « au monde.

« Encore quelques jours de magnanimité, de « dévouement, de patience et l'Assemblée nationale « recevra de nos mains la République naissante. De « ce jour-là tout sera sauvé ! quand la nation par « les mains de ses représentants aura saisi la Répu- « blique, la République sera forte et grande comme « la nation, sainte comme l'idée de peuple, impéris- « sable comme la patrie. »

La discussion s'ouvrit franche, énergique, sans réticence sur les deux esprits qui devaient diriger la marche du gouvernement. Les discours allèrent au fond des pensées, les répliques au fond des cœurs, raisons et passions se mêlèrent dans les paroles

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