‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 133 sur 244 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

a aimons avant tout la France, et nous avons la « responsabilité de ses destinées et peut-être de « celles de l'Europe en ce moment!

« Celte responsabilité nous ne la remettrons à « personne qu'à la nation elle-même! fiez -vous à « elle 9 fiez-vous à l'avenir, fiez-vous à ce passé de « ces trente jours qui a déjà donné à la cause de « la démocratie française plus de terrain que trente « batailles rangées, et ne troublez ni par les armes « ni par une agitation qui retomberait sur notre « cause commune l'œuvre que la providence ac- « complit sans autres armes que les idées, pour la « régénération des peuples et pour la fraternité « du genre bumain! «

a Vous avez admirablement parte comme Polo- « nais, quant à nous, notre devoir est de vous par- « 1er comme Français. Les uns et les autres, nous « devons rester dans notre rôle respectif, comme (c Polonais vous devez être justement impatients de « voler sur le sol de vos pères et de répondre à « l'appel qu'une partie de la Pologne déjà libre , « fait à ses généreux enfants. A ce sentiment nous « ne pouvons qu'applaudir, et vous fournir comme « vous le désirez les moyens pacifiques qui aidece root les Polonais à rentrer dans leur patrie et à « se réjouir de son commencement d'indépendance « à Posen.

ce Quant à nous, comme Français nous n'avons

« pas seulement la Pologne à considérer, nous avons « l'universalité de la politique européenne qui corci respond à tous les horizons de la France et à tofls « les intérêts de la liberté dont la République fran- « çaise est la seconde, et nous l'espérons ta plus « glorieuse et la dernière explosion dans l'Europe. « L'importance de ces intérêts, la gravité de ces « résolutions font que le gouvernement provisoire « de la République ne peut abdiquer entre les mains « d'aucune nationalité partielle, d'aucun parti dans « une nation, quelque sacrée que soit te cause de « cette nation, la responsabilité et la liberté de « ses résolutions.

« La politique qui nous a été commandée sous « la monarchie vis^à-vis de la Pologne, n'est plus « la politique qui nous est commandée sous la « République, celle-ci a tenu au monde un langage « auquel elle veut être fidèle, elle ne veut pas qu'au- « cun pouvoir sur la terre puisse lui dire : « Vous « avez des paroles ici, vous avez des actions là. »

« La République ne doit pas et ne veut pas avoir « des actes en contradiction avec ses paroles : le « respect de sa parole est à ce prix ; elle ne la dé- « créditera jamais en y manquant. Qu'a-t-elle dit « dans son manifeste aux puissances? Elle a dit en « pensant à vous, le jour où il nous paraîtrait que « l'heure providentielle aurait sonné pour la résurcc rection d'une nationalité injustement effacée de la

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