‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 134 sur 244 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

« carte, nous volerions à son secours, mais nous « nous sommes justement réservé ce qui appartient « à Ha France seule, l'appréciation de l'heure, du « moment, de la justice de la cause, et des moyens « par lesquels il nous conviendrait d'intervenir.

a Eh bien ! ces moyens, jusqu'ici nous les avons « choisis et résolus pacifiques! et croyez que la « France et l'Europe voient si ces moyens pacifiques « nous ont trompés ou vous ont trompés vous- « mêmes.

« En treftte-un jours les résultats naturels et pa- « cifiques de ce système de paix et de fraternité « déclarés aux peuples et aux gouvernements ont « valu à la cause de la France, de la liberté et de « la Pologne elle-même, plus que dix batailles et « des flots de sang humain!

«Vienne, Berlin, l'Italie, Milan, Gênes, l'Alle- « magne méridionale, Munich, toutes ces constituer tions, toutes ces explosions spontanées, non pro- « voquées dans l'âme des peuples, vos propres « frontières enfin ouvertes à vos pas à travers les « acclamations de l'Allemagne qui se renouvelle « dans ses formes sous l'inviolabilité dont nous en- « tourons ses gouvernements et ses territoires. Voilà a les pas qu'a faits la République grâce à ce système « de respect de la liberté du sol et du sang des « hommes! Nous ne reculerons pas dans un autre « svstème sachez-le bien ! la voie droite nous con-

« duit au but désintéressé , que nous voulons al- « teindre mieux que les voies tortueuses de la « diplomatie, ne tentez pas de nous en faire dévier. « il y a quelque- chose qui contient et qui éclaire « notre passion même pour la Pologne, c'est notre « raison, laissez-nous l'écouter dans la liberté corner plète de nos pensées et sachez que ces pensées « ne séparent pas les deux peuples dont le sang « s'est si souvent môle sur les champs de bataille.

« Notre sollicitude pour vous s'étendra comme ce notre hospitalité, aussi loin que nos frontières. « nos regards vous suivront dans votre patrie. « emportez-y l'espérance de la régénération qui <c commence pour vous en Prusse même, où votre « drapeau flotte è Berlin. La France ne demande <c d'autre prix à l'asile qu'elle vous a donné que a l'amélioration de vos destinées nationales et les « souvenirs que vous emporterez du nom français.

« N'oubliez pas que c'est à la République que ce vous devez les premiers pas que vous allez faire ce vers votre patrie. »

Ce discours rassura l'Europe et refréna l'audace des réfugiés.

XXIU.

L'Angleterre n'attendait pas avec moins de sollicitude la réception que ferait Lamartine aux insur-

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