‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 191 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« Le traité de réconciliation du 30 juillet 1841', « pallia en vain cette situation, le mariage d'un « prince de la dynastie française avec une héritière « éventuelle de la couronne d'Espagne, était dès « lors la pensée unique de la politique dynastique (c à laquelle la France était subordonnée. L'accorn- « plissement de ce vœu devait déchirer bientôt ces « derniers liens d'amitié entre l'Angleterre et la « France. Trop peu ambitieux pour la nation, le « cabinet des Tuileries affectait deux trônes à la « fois pour une famille, la politique posthume de « la maison de Bourbon se substituait téméraire- « ment à la politique de liberté et de paix sur le « continent. La France ne recueillait de ce mariage « que l'inimitié permanente du cabinet britannique, « la jalousie des cours, les ombrages de l'Espagne, « et la certitude d'une seconde guerre de succès- (c sion. A ce premier vertige de la royauté, les « hommes d'État purent conjecturer d'autres pro- « chains vertiges, et prévoir sa chute.

« De nouveaux symptômes ne tardèrent pas à « confimer celui-ci ; suspecte à l'Espagne, odieuse « à la Russie, déshonorée en Turquie, indifférente « à la Prusse, menaçante pour l'Angleterre, la po- « litique dynastique du cabinet français se tourna u contre nature vers l'Autriche, ce contre-sens ne « lui coûtait pas seulement sa grandeur et sa sé- « curité, il lui coûtait l'honneur, pour obtenir de

« l'Autriche le pardon de la maison de Bourbon , « en Espagne, il fallait abaisser partout devant « l'Autriche le drapeau de la révolution, et lui sa- « crifier à la fois l'Italie, la Suisse, le Rhin, l'indé- « pendance et le droit des peuples, il fallait former « avec l'Autriche la ligue de l'absolutisme en étouf- « fant à son profit et à notre honte les germes « d'indépendance, de libéralisme et de force natio- « nale qui se manifestaient du détroit de la Sicile « jusqu'au cœur des Alpes. Le cabinet français osa « pratiquer cette politique servile et la défendre « devant une chambre française. L'âme révolutionne naire de la France se souleva. d'indignation dans « son sein, le ministère dynastique acheta le vote « d'une majorité pour vendre impunément le prince cipe national et le principe démocratique dans les « négociations relatives à la Suisse et à l'Italie, il « entraîna quelques jours après dans l'abîme la « royauté qui l'avait entraîné lui-même dans sa « personnalité.

« Ainsi après dix-huit ans de règne et d'une « diplomatie qu'on croyait habile parce qu'elle « était intéressée, la dynastie remettait la France à « la République, plus cernée, plus garrottée de Irai- « tés et de limites, plus incapable de mouvement, « plus dénuée d'influences et de négociations exté- « rieures, plus entourée de pièges et d'impossibi- « lités quelle ne le fut à aucune époque de la mo-

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