‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 192 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

v narchie, emprisonnée dans la lettre si souvent « violée contre elle des traités de 1815, exclue de u tout l'Orient, complice de l'Autriche en Italie et « en Suisse, complaisante de l'Angleterre à Lis- « bonne, compromise sans avantage à Madrid» « obséquieuse à Vienne, timide à Berlin, haïe à « Saint-Pétersbourg, discréditée pour son peu de « foi à Londres, désertée des peuples pour son « abandon du principe démocratique en face d'une « coalition morale reliée partout contre la France, « et qui ne lui laissait que le choix entre une « guerre extrême d'un contre tous, ou l'accepta- « lion du rôle subalterne de puissance secon- « daire en surveillance dans le monde européen ; « condamnée à languir et à s'humilier un siècle « sous le poids d'une dynastie à faire pardon- « ner aux rois, et d'un principe révolutionnaire à « faire amnistier ou à faire trahir aux peuples.

ce La République en trouvant la France dans ces ce conditions d'isolement et de subalternité avait « deux partis à prendre : faire explosion contre tous ce les trônes et contre tous les territoires du continent, « déchirer la carte de l'Europe, déclarer la guerre, « et lancer le principe démocratique armé partout, « sans savoir s'il tomberait sur un sol préparé « pour y germer, ou sur un sol impropre pour y « être étouffé dans le sang.

« Ou bien , déclarer la paix républicaine et la

« fraternité française à tous les peuples , afficher le « respect des gouvernements, des lois, des carac- « tères, des mœurs, des volontés, des territoires, « des nations; élever bien haut mais d'une main « amie son principe d'indépendance et de démoce cratie sur le monde, et dire aux peuples sans conte traindre et sans presser les événements.

« Nous n'armons pas l'idée nouvelle du fer ou « du feu comme les barbares, nous ne l'armons « que de sa propre lueur, nous n'imposons à per- « sonne des formes ou des imitations prématurées « ou incompatibles peut-être avec la nature; mais « si la liberté de telle ou telle partie de l'Europe « s'allume à la nôtre, si des nationalités asser- « vies, si des droits refoulés, si des indépen- « dances légitimes et opprimées surgissent, se « constituent d'elles-mêmes, entrent dans la famille « démocratique des peuples et font appel en nous « à la défense des droits, à la conformité des insli- « lutions, \a France est là. La France républicaine « n'est pas seulement la patrie, elle est le soldat du « principe démocratique dans l'avenir.

« C'est cette dernière politique, citoyens, que le « gouvernement provisoire a cru devoir adopter « unanimement en attendant que la nation résumée « en vous s'emparât de ses propres destinées.

(( Quels ont été en soixante-douze jours les récc sultats de celte politique de diplomatie armée sur

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