LIVRE QUATORZIÈME
« le continent? vous les connaissez; el l'Europe les « regarde avec un étonnement qui tient moins de la « crainte que de l'admiration.
ce L'Italie, déjà remuée dans son patriotisme par « Tâme italienne et démocratique de Pie IX, « s'ébranle successivement mais tout entière au « contre-coup du triomphe du peuple à Paris, rasce surée sur toute ambition française hautement et ce franchement désavouée par nous, elle embrasse « avec passion nos principes ,. et s'abandonne avec c confiance à f avenir d'indépendance et de liberté ce où le principe français sera son allié.
« La Sicile s'insurge contre la domination de ce Naples, elle réclame d'abord sa Constitution, irri- « tée du refus, elle reconquiert héroïquement son « sol et ses citadelles; les concessions tardives ne a l'apaisent plus, elle se sépare complètement et «convoque elle-même son parlement, elle se ce proclame seule maîtresse de ses destinées, elle ce se venge de son long assujettissement à la ce maison de Bourbon en déclarant que les prince ces de la maison de Naples seront à jamais ce exclus des éventualités du trône constitutionnel « en Sicile.
« A Naples même, la Constitution promulguée ce par le roi la veille de la République française ce paratt illusoire le lendemain ; la monarchie assiégée par les démonstrations du peuple, descend
« de concessions en concessions jusqu'au niveau « d'une royauté démocratique de 1791 .
t< Pie IX, acceptant le rAle de patriote italien ne « retient que la domination du pontife et fait de « Rome le centre fédératif d'une véritable Répu- « blique dont il se montre déjà moins le chef cou- « ronné que le premier citoyen. Il se sert de la force « du mouvement qui l'emporte au lieu de le com- « battre, ce mouvement s'accélère.
c La Toscane suit cet exemple. Palerme, Plai- « sance, Modène, tentent vainement de s'appuyer « sur l'Autriche pour lutter avec l'esprit de vie ce de l'Italie, leurs princes cèdent, la nationalité « triomphe; la dynastie de Lucques est emportée, « Venise proclame sa propre République, indécise « encore si elle s'isolera dans ses lagunes ou si elle « se ralliera au faisceau républicain ou constitu- « tionnel de l'Italie septentrionale.
« Le roi de Sardaigne longtemps l'espérance de « l'unité nationale en Italie, en même temps que « son gouvernement était la terreur de l'esprit ce libéral à Turin , fait cesser au contact de la Ré- « volutioi) française celte contradiction fatale à sa « grandeur, il donne en gage une Constitution j>o- « pulaire au libéralisme italien.
w La Lom hardie comprend à ce signe que l'heure « de l'indépendance a sonné. Milan désarmé « triomphe dans une lutte inégale de l'armée d'oc-