LIVRE QUATORZIÈME
« le fondement d'une nouvelle fédération germain nique qui émancipe les faibles, qui forme le « noyau d'une démocratie diverse mais unitaire. « La liberté de plus en plus démocratique de l'Àlle- « magne prendra nécessairement son appui sur une « puissance démocratique aussi sans autre ambi- « tion que l'alliance des principes et la sûreté des « territoires, c'est nommer la France.
€< Je ne poursuivrai pas dans les autres États de « l'Europe la marche plus ou moins rapide du « principe national et du principe libéral accélérés « par la révolution de Février, les idées envahis- « sent leur lit partout , et ces idées portent votre « nom. partout vous n'aurez à choisir qu'entre une « paix assurée et honorable ou une guerre par- « tielle avec des nations pour alliées.
« Ainsi par le seul fait d'un double principe, « le principe démocratique et le principe syinpa- « thique, la France extérieure appuyée d'une main « sur le droit des peuples, de l'autre sur le fais- « ceau inagressif mais imposant de quatre armées « d'observation , assiste à l'ébranlement du con- « tinent sans ambition comme sans faiblesse, prête « à négocier ou à combattre , à se contenir ou à « grandir, selon son droit, selon son honneur, selon « la sécurité de ses frontières. . « Ses frontières? je me sers d'un mol qui a perdu « une partie de sa signification sous la République,
« c'est le principe qui devient la véritable frontière « de la France, ce n'est pas son sol qui s'élargit, c'est \ / « son influence, c'est sq sphère de rayonnement et « d'attraction sur le continent, c'est le nombre de « ses alliés naturels, c'est le patronage désintéressé « et intellectuel qu'elle exercera sur ces peuples, « c'est le système français enfin substitué en trois « jours et en trois mois au système de la sainte « alliance.
« La République a compris du premier mot la « politique nouvelle que la philosophie, l'huma- « nité, la raison du siècle devaient inaugurer enfin « par les mains de notre patrie entre les nations. « Je ne voudrais pas d'autre preuve que la démoce cratie a été l'inspiration divine et qu'elle triom- « phera en Europe aussi rapidement et aussi glo- « rieusement qu'elle a triomphé à Paris. La France « aura changé de gloire, voilà tout.
« Si quelques esprits encore arriérés dans l'intel- « ligence de la véritable force et de la véritable « grandeur, ou impatients de presser la fortune de « la France, reprochaient à la République de n'avoir « pas violenté Jes peuples pour leur offrira la pointe « des baïonnettes une liberté qui aurait ressemblé ce à la conquête, nous leur dirons : Regardez ce « qu'une royauté de dix-huit ans avait fait de la ce France, regardez ce que la République a fait en « moins de trois mois ! comparez la France du