‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 197 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME

« 23 juillet à la France do 6 mai! et prenez paît tience même pour la gloire» et donnez du temps « au principe qui travaille*, qui combat, qui transit forme et qui assimile le monde pour vous!

« La France extérieure était emprisonnée dans « des limites qu'elle ne pouvait briser que par une « guerre générale. L'Europe, peuples et gouvernece ments étaient un système d'une seule pièce contre « nous; nous avions cinq grandes puissances com- « pactes et coalisées par un intérêt antirévolution- « naire commun contre la France. L'Espagne était « placée comme un enjeu de guerre entre ces puis- « sances et nous. La Suisse était trahie. L'Italie « vendue, l'Aile mage menacée et hostile. La Frafcce « était obligée de voiler sa nature populaire et de « se faire petite, de peur d'agiter un peuple oud'in- « quiéter un roi. elle s'affaissait sous une paix « dynastique et disparaissait du rang des premières (r individualités nationales, rang que la géographie, « la nature et surtout son génie lui commandent « de garder.

« Ce poids soulevé, voyez quelle autre destinée « lui fait la paix républicaine. Les grandes puis- « sances regardent avec inquiétude d'abord , et « bientôt avec sécurité , le moindre de ses mouve- « ments. aucune d'elles ne proteste contre la révi- « sion éventuelle et légitime des traités de 1815 « qu'un mot de nous a aussi bien effacés que les

« pas de cent mille hommes. L'Angleterre n'a plus « à nous soupçonner d'ambition en Espagne. La « Russie a le temps de réfléchir sur la seule re- « vendication désintéressée qui s'élève entre ce « grand empire et nous : la reconstruction consti- « tutionnelle d'une Pologne indépendante. Nous ne « pouvons avoir de choc au Nord qu'en y défendant <c en auxiliaires dévoués, le droit et le salut des « peuples slaves et germaniques. L'empire d'Au- « triche ne traite plus que de la rançon de l'Italie. « La Prusse renonce à grandir autrement que par « la liberté. L'Allemagne échappe tout entière au « tiraillement de ces puissances et constitue son « alliance naturelle avec nous. C'est la coalition « prochaine des peuples adossés par nécessité à la « France, au lieu d'être tournée contre nous comme <c elle l'était par la politique des cours. La Suisse se « fortifie en se concentrant. L'Italie entière est dece bout et presque libre, un cri de détresse y appelce lerait la France , non pour conquérir mais pour ce protéger, la seule conquête que nous voulions au « delà du Rhin et des Alpes, c'est l'amitié des popu- <e lations affranchies.

ce En un mol, nous étions trente-six millions ce d'hommes isolés sur le continent; aucune pensée ce européenne ne nous était permise, aucune action « collective ne nous était possible, notre système ce était la compression , l'horizon était court, l'air

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