‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 198 sur 244 · LIVRE QUATORZIÈME. 4(M · texte numérisé non relu

LIVRE QUATORZIÈME. 4(M

ce manquait comme la dignité à notre politique. K Notre système d'aujourd'hui c'est le système « d'une vérité démocratique qui s'élargira aux pro- « portions d'une foi sociale universelle. Notre hori- « zon c'est l'avenir des peuples civilisés, notre air a vital c'est le souffle de la liberté dans les poitrines « libres de tout l'univers. Trois mois ne se sont pas « écoulés, et si la démocratie doit avoir la guerre « de trente ans comme le protestantisme, au lieu de « marcher à la tête de trente-six millions d'hommes,' « la France en comptant dans son système d'alliés, « la Suisse, l'Italie, et les peuples émancipés de l'Aia lemagne, marchera à la léte de quatre-vingt-huit « millions de confédérés et d'amis. Quelle victoire « aurait valu à la République une pareille confédé- <( ration conquise sans avoir coûté une vie d'homme « et cimentée par la conviction de notre désintéres- « sèment. La France à la chute de la royauté s'est « relevée de son abaissement comme un vaisseau « chargé d'un poids étranger se relève aussitôt « qu'on l'en a soulagé.

« Tel est, citoyens, le tableau exact de notre situa- -* tion extérieure actuelle. Le bonheur ou la gloire « de cette situation sont tout entiers à la République, u Nous en acceptons seulement la responsabilité, et « nous nous féliciterons toujours d'avoir paru de- « vant la représentation du pays en lui remettant « la paix, en lui assurant la grandeur, les mains II. *(>

«pleines d'alliances, et pures de sang humain.» De longues salves d'applaudissements suivirent ce discours. On demanda f impression et l'envoi à tous les départements et aux puissances étrangères.

L'Assemblée vota que le gouvernement provisoire avait bien mérité de la patrie.

Tandis que Paris s'enivrait de la sécurité et de la joie que lui inspiraient le retour de la souveraineté nationale et l'harmonie entre les représentants et les dictateurs, une grande question s'agitait dans l'esprit public et surtout dans Pâme de Lamartine.

Il y avait un intervalle à passer entre l'avènement de l'Assemblée nationale et le vote de la Constitution. Qui décréterait la forme du pouvoir exécutif nouveau? Quelle serait la nature de ce pouvoir intérimaire? Les dictateurs continueraient-ils à l'exercer en présence et sous la sanction de l'Assemblée? L'Assemblée l'exercerai t-el le directement et par l'organe de comités sans cesse renouvelés du gouvernement? enfin l'Assemblée le déléguerait-elle? et en ce cas le déléguerait-elle à un seul ou à plusieurs? telles étaient les trois hypothèses qui se partageaient les esprits.

Le premier parti? c'était encore la dictature. Le

Page 1