LIVRE QUINZIÈME. • 4OT
« partis et des factions dans l'État , et par suite à « fomenter, même involontairement, des guerres « civiles;
« Considérant que Charles-Louis Bonaparte a fait « deux fois acte de prétendant en revendiquant une « République dérisoire , au nom du sénatus-con*» « suite de Tan xm ;
« Considérant que des agitations attentatoires à * « la République populaire que nous voulons fonder, ' « compromettantes pour la sûreté des institutions « et pour la paix publique , se sont déjà révélées « au nom de Charles-Louis-Napoléon Bonaparte ;
« Considérant que ces agitations , symptômes de « manœuvres coupables, pourraient créer une dif- « ficulté à l'établissement pacifique de la Répu- « blique, si elles étaient autorisées par la négli- «' gence ou par la faiblesse du gouvernement;
« Considérant que le gouvernement ne peut ao « cepter la responsabilité des dangers que courrait « la forme républicaine des institutions et la paix a publique, s'il manquait au premier de ses devoirs, « en n'exécutant pas une loi existante, justifiée plus « que jamais pendant un temps indéterminé par la « raison d'État et par le salut public ;
« Déclare : qu'il fera exécuter en ce qui concerne a Louis Bonaparte la loi de 1832 jusqu'au jour où « l'Assemblée nationale en aura autrement décidé. » (L'Assemblée entière se lève au cri de Vive la Ré-
publique! à l'exception de huit ou dix membres de la représentation* )
« Vous sentez , citoyens , reprend l'orateur, que « l'émotion bien légitime produite dans cette en- « ceinte par l'événement qui vient d'avoir lieu, « m'oblige d'interrompre et de supprimer la plus « grande partie de la discussion que je désirerais * « ouvrir avec l'Assemblée nationale. J'arrive tout « de suite aux dernières considérations que cet évé- (( nement suscite dans ma pensée.
« D'après la déclaration que vous venez d'en- « tendre, d'après le décret précédent, d'après ceux « qui arriveront avec autant de mesure et de mode- « ration que de fermeté pour faire rentrer toutes « les factions, s'il y en a, dans la limite de la léga- « lité, de Tordre républicain, vous n'accuserez pas, « je l'espère , le gouvernement intérimaire de faite blesse ou de négligence de ses devoirs, quel que « soit le nom glorieux dont se couvre une faction « dans la République, nous saurons déchirer le « voile, pour ne voir derrière le nom que la faction. « s'il en existe.
« La France a pris la République au sérieux, elle « la défendra contre tous.
« Oui , nous l'avons prise au sérieux, nous la dé- (c fendrons de tous les périls qui pourraient lui être « suscités je le répète, au nom même des souvecc nirs les plus glorieux et les plus légitimes, nous