‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 241 sur 244 · LIVRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE QUINZIÈME

tontes les routes, il laissa le général à la porte Saint-Martin disposer sa défense et revint communiquer ses ordres concertés au ministère de la guerre et au conseil.

II était nuit, le feu avait cessé partout. Pendant l'absence de Lamartine, ses collègues, Àrago, Garnier-Pagès, Marie, Pagnerre, étaient allés visiter les mairies, et animer les gardes nationaux de leur exemple et de leurs exhortations, Le dru Rollin était resté à la présidence pour l'expédition des ordres d'urgence, et pour surveiller les dangers éventuels de l'Assemblée.

A minuit les régiments les plus rapprochés et les gardes nationaux des villes voisines entraient en masse par toutes les barrières, la victoire pouvait être lente encore, mais elle était désormais assurée.

Cependant la confiance rentrée dans l'esprit du gouvernement n'était pas rentrée dans l'Assemblée nationale. Un parti ombrageux, voulait profiter de celte criae pour renverser la commission executive, dont on continuait de se défier sans fondement. Le lendemain à huit heures un certain nombre de représentants força la porte du conseil et engagea officieusement les membres du gouvernement à

donner leur démission. Les membres du gouvernement à l'unanimité ne demandaient depuis longtemps qu'à sortir d'une situation où le dévouement seul les retenait contre toutes leurs convenances et contre toutes leurs ambitions. Néanmoins ils ne voulurent pas se retirer au milieu d'une tempête, ni quitter le champ de bataille en lâches qui désertent le pouvoir pendant le combat. Lamartine , Garnier-Pagès et Barthélemy-Saint-Hilaire , se soulevèrent avec énergie contre cette insinuation :

ce Que l'Assemblée nous destitue et nous rem- « place, dirent-ils, nous obéirons en bons citoyens, « la destitution sera un ordre. Mais notre retraite « volontaire en un pareil moment serait un dés- « honneur ! »

A dix heures l'Assemblée en permanence donna tous les pouvoirs civils au général Cavaignac à qui ils avaient confié eux-mêmes la veille tous les pouvoirs militaires. Lamartine écrivit au nom de ses collègues la lettre suivante à l'Assemblée.

« Citoyens représentants,

a La commission du pouvoir exécutif aurait « manqué à la fois à ses devoirs et à son honneur « en se retirant devant une sédition et devant un « péril public. Elle se retire seulement devant un « vote de l'Assemblée. En vous remettant le pou-

Page 1