‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 42 sur 244 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

sans sommeil à veiller et à prier auprès du lit de ses enfants.

L'ombre de la révolution la poursuivait toujours, au seuil de la France elle tremblait encore d'y être retenue et de laisser à ses (ils le sort des enfants de Marie-Antoinette, mais ce n'était plus la France sans justice et sans pitié , la France des prisons et des échafauds.

Le général Baudrand gouverneur du comte de Paris et conseiller de la princesse s'était fait porter quoique malade et incapable de mouvements à son poste au palais au moment de l'invasion du peuple, quand le peuple entra sur les pas de la duchesse qui venait de sortir, le général dit aux envahisseurs qu'ils étaient dans les appartements de la veuve du duc d'Orléans. A ces mots, ils s'étaient découverts, ils avaient respecté les appartements et placé d'eux-mêmes des sentinelles aux portes pour préserver les souvenirs de la mère et de la veuve, ils combattaient contre la royauté, ils s'inclinaient devant la nature.

La princesse avait des amis parmi les chefs qui commandaient à Lille, l'armée nombreuse qui formait la garnison de cette place de guerre pouvait être tentée par sa présence et enlevée à la République par son enthousiasme pour une femme et pour un enfant, elle eut pendant cette dernière nuit la pensée de se montrer aux troupes et de revendiquer le h. 6

trône pour son fils. Le crime de la guerre civile lui apparut entre le trône, et cette pensée, elle recula, et repartit de Lille, elle gagna les rives du Rhin sous le nom de comtesse de Dreux, elle rejoignit sa mère à Ems. elle se réfugia dans les souvenirs tous purs de son bonheur passager en France, de son deuil, de sa disgrâce, de ^roulement de sa destinée sous les fautes cT autrui, et dans sa résignation aux Volontés de sa seconde patrie dans laquelle son nom n'inspira jamais aux hommes de tous les partis que l'admiration, l'attendrissement et le respect.

Le duc de Nemours sortit de France sans obstacle aussitôt que ses devoirs envers son père, sa belle-sœur et son neveu furent accomplis, il s'était montré plus digne de sa popularité dans l'infortune que dans la prospérité, intrépide, désintéressé, il n'avait marchandé ni sa vie ni ses droits à là régence pour sauver la couronne au fils de son frère. L'histoire lui doit la justice que l'opinion ne lui rendait pas.

Deux princesses avaient été séparées du roi et de la reine au moment du départ précipité des Tuileries. C'était la princesse Clémentine, épouse du duc de Saxo-Cobourg, et la duchesse de Montpensier, le duc de Mohtpensier en accompagnant

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