‹ Histoire de la révolution de 1848 (volume 3)Chapitre 43 sur 244 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

son père jusqu'aux voitures qui l'attendaient sur la place de la Concorde avait cru revenir sans obstacle aux Tuileries et veiller lui-même au salut de sa femme qu'une grossesse avancée retenait immobile depuis plusieurs jours dans ses appartements, la foule qui se précipitait de toutes les issues daift les jardins avait bientôt appris au prince que le retour était impossible, il avait confié en partant la princesse aux soins de quelques hommes de sa maison et à la sollicitude de M. Jules de Lasteyrie dont la loyauté, le nom, et la popularité, le rassuraient sur tout événement, il était monté précipitamment à cheval et avait suivi le roi à Saint-Cloud.

Au moment de l'invasion du château M. de Lasteyrie avait donnéle bras à la princesse, il s'était perdu avec elle dans la foule trop confuse et trop tumultueuse en ce moment pour faire attention à une jeune femme traversant le jardin.

M. de Lasteyrie espérait arriver assez vite au pont Tournant pour faire partir la duchesse de Monlpensier en sûreté avec la famille royale, au moment où il sortait des jardins, la voiture pleine et précipitamment refermée par M. Crémieux était partie au galop laissant la princesse Clémentine abandonnée, errante, et ne pouvant ni suivre ni revenir sur la place, heureusement elle aperçut M. de Lasteyrie et la duchesse de Montpensier sa

belle-sœur, elle se joignit à ce débris de sa famille. M. de Lasteyrie conduisit les deux jeunes femmes chez sa mère sans être ni reconnu ni interrogé sur la route, cette maison populaire par le double nom de Lafayette et par les vertus de madame de Lasteyrie sa fille, était un asile inviolable aux soupçons et aux recherches du peuple, quelques instants après la princesse Clémentine en ressortit et. rejoignit son père à Trianon, la jeune duchesse de Montpensier resta jusqu'au 25, au foyer et sous la protection de madame de Lasteyrie. son mari lui avait fait dire de Dreux de le rejoindre au château d'Eu par le général Thierry son aide de camp, il croyait alors que le roi pourrait s'y rendre, et y faire sa résidence, la rapidité de la fortune l'avait devancé sur la route même de cet exil* il errait sur les bords de l'Océan.

Arrivée à Eu, la jeune princesse descend au château et le trouve vide, des bruits alarmants annoncent l'arrivée d'une colonne d'ouvriers de Rouen qui viennent dit-on ravager comme à Neuilly la demeure du roi. la duchesse quitte le palais de son père et demande un asile à M. Estancelin diplomate attaché à l'ambassade de Munich, à la nuit tombante elle repart pour la Belgique accompagnée de M. Estancelin et du général Thierry, on là dirige sur Bruxelles.

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